Château Montrose anticipe les changements climatiques

Communiqué, mars 2021 – Environnement-Viticulture

Vue aérienne du Château Montrose et du Grand chai, au premier plan le carrelet et la Garonne. Crédit photo : Deepix

Dans le cadre de sa stratégie environnementale globale, Château Montrose met en place une étude agro-pédo-climatique de grande ampleur, jamais réalisée à ce jour à l’échelle d’une propriété. Conduite en partenariat avec le climatologue Benjamin Bois et le géologue Pierre Becheler, cette étude dont l’objectif principal est de mieux comprendre le vignoble dans son ensemble afin de mieux le préparer aux changements climatiques, s’inscrit dans la continuité des études de terroir précédemment menées à Montrose.

Comprendre le fonctionnement du terroir face au réchauffement climatique

Si le terroir de Château Montrose situé en bordure de la Gironde figure parmi les plus privilégiés, les enjeux du réchauffement climatique se posent partout. Le célèbre Cru Classé de Saint-Estèphe, très investi en matière de développement durable depuis plus de 15 ans, lance une étude agro-pédo-climatique pour une meilleure compréhension du fonctionnement de la vigne en interaction avec son environnement pédologique et climatique.

Le top départ de cette étude a été donné en février dernier. Il s’agit d’un audit de grande ampleur réalisé pour la première fois à l’échelle d’une propriété. Pour mener à bien cette étude, l’équipe R&D conduite par Vincent Decup (Directeur Technique de Château Montrose) a fait appel à deux spécialistes, Benjamin Bois*, climatologue et Pierre Becheler*, géologue. Ce comité pluridisciplinaire va étudier la variabilité spatiale du climat à l’échelle de l’exploitation et la mise en relation avec le fonctionnement de son terroir. L’objectif : comprendre la réaction des terroirs face au changement climatique à l’horizon 2050.

De gauche à droite: Vincent Decup, Benjamin Bois et Pierre Becheler

A la croisée des données

Plusieurs étapes vont rythmer cet audit. 60 capteurs de mesure des températures et d’hygrométrie ont été installés à la vigne en mars dernier. Leur positionnement hors sol à hauteur de grappes a été décidé en fonction des zones topographiques et des caractéristiques de chaque parcelle (zones plus ou moins précoces, sensibles au mildiou, à la sécheresse…). Appuyée par les études des fosses pédologiques qui suivront, l’analyse des données agro-climatiques des capteurs s’effectuera en octobre. Ces données permettront d’établir une cartographie qui, superposée aux autres cartographies et études de résistivités des sols déjà réalisées, délivreront des informations sur le comportement du végétal face au réchauffement climatique. Le croisement de ces données agro-pédo-climatiques permettra d’anticiper les impacts futurs du changement climatique sur la vigne et d’en déduire un mode de conduite du vignoble sur mesure et parfaitement adapté au nouveau contexte.

Rendez-vous aux prochaines vendanges pour les premières analyses…

Capteurs de mesure des températures et d’hygrométrie

*Benjamin Bois est maître de conférences en viticulture et climatologie à L’Université de Bourgogne. Il est l’auteur d’une thèse publiée en 2007 « Cartographie agro climatique à méso-échelle – méthodologie et application à la variabilité spatiale du climat en Gironde viticole – conséquences pour le développement de la vigne et la maturation du raisin. » Il dirige actuellement une thèse sur l’« Analyse spatiale et temporelle des extrêmes climatiques en Bourgogne-Franche-Comté : impacts sur la viticulture. »

*Pierre Becheler est un géologue spécialisé dans les études de pédologie et études de sols viticoles, hydrologie, hydrogéologie et géomorphologie. Il est l’auteur de nombreuses études et cartographies de terroirs viticoles.

Si Arsac m’était chanté

Château d’Arsac annonce le lancement d’un spectacle musical en parlé-chanté : « Si Arsac m’était chanté »

A partir du 1er avril prochain, Château d’Arsac, Cru Bourgeois Exceptionnel de Margaux, proposera aux visiteurs une expérience artistique et sensorielle inédite en Médoc : un spectacle audiovisuel innovant entre scénographie et textes audio autour d’une visite de la propriété en parlé-chanté.

« Si Arsac m’était chanté », premier spectacle oeno-musical

Depuis 36 ans, le Château d’Arsac suit une route singulière, mariant « le Goût et le Beau » grâce à son vin désormais « Cru bourgeois Exceptionnel de Margaux » et à son Jardin de sculptures.

Entre rangs de vignes et sculptures monumentales, il semblait parfois ne manquer au château que la parole pour raconter son histoire vieille de plus d’un demi-millénaire, mais aussi la vie quotidienne, la fleur de mai, les matins de vendanges, le travail du chai dans les amples parfums de fin d’été.

C’est pourquoi Philippe Raoux, propriétaire du domaine, a décidé pour conjurer la période chaotique que nous traversons, d’habiller de musique, d’harmonie et d’un petit grain de folie cette histoire d’Arsac à travers un spectacle oenotouristique en parlé-chanté.

Onze « tableaux » musicaux, une installation multimédia immersive

Comme dans les films de Jacques Demy qui savaient si bien enchanter le quotidien, l’habiller de poésie, les onze « tableaux » musicaux originaux du spectacle rendent hommage aux minuscules moments, aux gestes, aux us et aux hommes qui produisent le vin.

Cette représentation conçue comme une œuvre contemporaine offrira aux visiteurs une immersion sensorielle. Dans les chais, lieux de scénographie, les voix et les images permettront aux visiteurs une interprétation émotionnelle.

Une œuvre contemporaine réalisée par des artistes locaux

Pour mettre en scène cette représentation, une équipe de professionnels expérimentés : deux auteurs (paroles et musique) François Gaulon et son épouse Muriel, un scénographe, Pierre Fossey, un réalisateur, Éric Bernard et le musicien bordelais Garlo.

Cette aventure musicale de 45 minutes s’achèvera avec une dégustation.

Parce que le vin est une fête, ce premier spectacle oeno-musical au monde entend renouer selon Philippe Raoux, chef d’orchestre du projet, avec les plaisirs des sens, mais aussi insuffler un peu de liberté, de légèreté et de poésie dans les vignes de Château d’Arsac.

INFORMATIONS PRATIQUES

« Si Arsac m’était chanté »,  Lancement le 1er avril 2021

Spectacle de 45 minutes (visite oeno-musicale, installation multimédia immersive) suivi d’une dégustation de vin (1h/1h15 au total).

Sessions : Les mercredi, vendredi et samedi à 14h30 incluant une dégustation du Château d’Arsac, appellation Margaux.

Réservation obligatoire.

Tarifs : Adulte 20€ ; enfant de 8 ans et plus 10€.

RESERVATIONS :

En ligne : www. chateau-arsac.com

Par mail : contact@chateau-arsac.com

Par téléphone : +33 05 56 58 83 90.

Part 2/8 – Histoire Saint-Estèphe. Terre d’échanges dès l’époque gallo-romaine / A land of exchange even in gallo-roman times

Les Gaulois du Médoc qu’on appelle les Médulli -une peuplade autochtone celte qui aurait donné son nom au Médoc, ‘terre du Milieu’ ‘milieu des eaux’- ont sans doute exploité la vigne après avoir fait connaissance avec le vin importé d’Italie par les Romains. Bien qu’avant le Moyen-âge on ne puisse pas véritablement parler de culture de la vigne dans le Médoc, on pense que les échanges commerciaux et culturels entre ces deux peuples ont contribué à l’apport des améliorations et des nouveautés dans la viticulture. Les Romains appréciaient le savoir faire des Gaulois notamment dans la métallurgie, le tissage de la laine et surtout les techniques du bois, comme la tonnellerie, une invention judicieuse dont nos grands vins ne pourraient se passer. Le peuple gaulois et notamment les Bituriges Vivisques, fondateurs de Burdigala (Bordeaux), acclimatèrent le cépage Biturica, ancêtre possible du cabernet. Les nombreux vestiges gallo-romains, découverts un peu partout dans l’appellation (Aillan, Cos, Meney, l’Hôpital de Mignot, Montrose ou au Bourg), recensent des vases, des tuiles, des pièces, des haches.

Extrait de la carte du cours de la Garonne 1759

Le port Saint-Estèphe serait-il une extension de Noviamagus, grand centre urbain gallo romain ?

Le fleuve a joué un rôle primordial dans l’histoire de Saint-Estèphe en permettant aux navires de toutes origines de venir s’approvisionner en produits locaux ou échanger des marchandises. Les nombreux cours d’eau, esteys et marais racontent aussi l’histoire de cette commune.

Des amarres de bateaux découverts au pied d’une vieille tour à Saint-Corbian plus précisément dans une parcelle de vignes du château Tour des Termes (qui signifie ‘Fin des Terres’) confirme l’existence d’une importante communication par la navigation dans les marais et larges esteys aujourd’hui asséchés. A proximité de la tour, il existe encore des marais qui ont été utilisés jusqu’au 18ème siècle et constituaient autrefois une vaste baie en communication avec la Gironde. L’actuel château Calon-Ségur se situe sur un site d’oppidum gaulois. Les bateaux venaient accoster jusqu’à ‘Calon’ dont la signification étymologique gauloise rappelle l’eau et la pierre. Dès l’époque gallo-romaine, pour faciliter les échanges commerciaux, des lieux de rendez-vous se créaient à des carrefours frontaliers accessibles par voie d’eau. C’était le cas du marais de Reysson qui réunissait plusieurs ports, ceux de Saint-Estèphe, Cadourne, Saint-Germain d’Esteuil et Vertheuil. Inventés par les Gaulois, repris par les Romains ces marchés-frontières au nombre d’une dizaine en Europe, situés en bordure de rivière sont souvent appelés ‘nouveau marché’ ou Noviamagus.

On sait qu’à cette époque une ville portuaire aussi importante que Burdigala existait: Noviamagus. Beaucoup d’hypothèses ont été émises pour situer cette ville probablement engloutie par les eaux. Selon quelques spécialistes Saint-Estèphe pourrait être une prolongation de Noviamagus ou du moins serait englobée dans la même zone géographique. Son port n’aurait pas disparu mais se serait tout simplement envasé. Il est vrai que la découverte du site archéologique de Brion, proche de Saint-Estèphe, a révélé d’importantes constructions dans ce secteur. Les Romains aurait fait naître une nouvelle ville avec une activité commerciale et administrative intense comprenant théâtre et riches villas. Le site de Brion rappelle la richesse d’occupation que l’on trouve habituellement dans les grands centres urbains. Les restes d’un théâtre semi-circulaire d’environ 2000 places, aussi important que le Palais Gallien à Bordeaux en est la preuve. La partie sud du marais de Reysson qui se situe dans Saint-Estèphe est riche de trouvailles gallo-romaine. D’autres vestiges comme la découverte de la villa de Bois-Carré, près de Saint-Estèphe, située au bord du marais dans la commune de Saint-Yzans, constitue un témoignage précieux de ce que fut un grand domaine agricole. Les nombreux objets trouvés, tels la vaisselle en provenance d’Italie, les colliers de Belgique ou les différentes monnaies nous laissent deviner la place importance qu’occupaient l’activité commerciale et les échanges avec l’extérieur. Il est probable que cette zone d’activité fut Noviamagus mais cette dernière reste secrète et continue d’alimenter les légendes à moins qu’elle ne réapparaisse du fleuve un jour de grande marée.

Saint-Estèphe, a land of exchange even in gallo-Roman times,

The Gauls of the Medoc, known as the Medulli – an indigenous Celtic tribe who are said to have given their name to the Medoc – “terre du Milieu” (middle-earth), “milieu des eaux”   (middle of the water) – without doubt started to cultivate the vine after becoming familiar with wine imported from Italy by the Romans.  Before the Middle Ages we cannot really speak of a wine growing culture in the Medoc, but it is believed that trade and cultural exchanges between these two peoples played a part in the introduction of improvements and innovations in viticulture. The Romans appreciated the skills of the Gauls, particularly in metallurgy, wool weaving and especially wood working techniques, such as cooperage (barrel-making), a judicious invention that our fine wines could not have done without. The Gauls and particularly the Bituriges Vivisques, the founders of Burdigala (Bordeaux), acclimatized the Biturica grape variety, possible ancestor to our Cabernet.  The many roman artifacts discovered more or less throughout the appellation area (Aillan, Cos, Meney, l’Hôpital de Mignot, Montrose or in the St Estèphe village), include vases, tiles, coins and axes.

Could Saint-Estèphe’s port be an extension of Noviamagus, the great Gallo-Roman metropolis?

As the reader would have gathered, the river has played a vital role in the history of Saint-Estèphe by permitting ships from all parts of the world to take in supplies of local produce or to trade goods. The many streams, esteys and marshes also played their part in the commune’s history.

Boat moorings discovered at the foot of an old tower in Saint-Corbian, more precisely in a plot of vines belonging to Château Tour des Termes (which means “Lands End”), confirm that there was a large navigation network in the marshes and broad, now dry channels. Marshes that were used until the 18th Century and that once formed a large bay connecting to the Gironde, can still be found near the tower. The present day Château Calon-Ségur is situated on the site of a Gallic oppidum. The boats came to dock as far as “Calon” whose Gallic etymological origin relates to water and stone. From Gallo-Roman times, meeting places were set up at border intersections accessible by water in order to facilitate trade. The marais de Reysson (Reysson marsh) was one such example. It included several harbours, those of Saint-Estèphe, Cadourne, Saint-Germain d’Esteuil and Vertheuil. Invented by the Gauls, and adopted by the Romans, this type of border-market situated along the river edge, of which there were around ten or so in Europe, were often referred to as “new market” or Noviamagus.

It is known that at this time there was another port town as important as that of Burdigala: Noviamagus. There have been numerous theories attempting to pinpoint the location of this town that was probably swallowed up by the waters. Some scholars believe that Saint-Estèphe may have been an extension of Noviamagus or at least included within the same geographical area.  Its port may not have died out but might simply have sunk. The discovery of the Brion archaeological site near Saint-Estèphe showed that there were once important buildings in this area. The Romans could have created a new town with significant trading and administrative activity that included a theatre and lavish villas. The Brion site is indicative of a richness of occupancy typically found in large urban centres.  This theory is borne out by the ruins of a semi circular theatre of around 2000 seats as large as the Palais Gallien in Bordeaux. The southern part of the Marais de Reysson, located in Saint-Estèphe, is rich in Gallo-Roman finds. Other remains such as those of the Bois-Carré villa, near Saint-Estèphe, located at the edge of the marsh in the Saint-Yzans commune, are important evidence of what was once a great agricultural estate. The numerous objects found, such as tableware of Italian origin, Belgian necklaces and various coins, point to the central role that trading and outside exchanges would have had. It is likely that this busy area was indeed Noviamagus but this town still lies concealed and will continue to nourish legends unless it one day re-emerges from the river on a strong tide.

Part 1/8-Histoire Saint-Estèphe. Avant la vigne, l’apprivoisement d’une terre changeante, secrète et unique / Before the wine, the timing of a secret, unique and changing land

Saint-Estèphe serait la transformation dans le parler local de ‘Saint-Etienne’ comme le rappelle son église du même nom construite en 1764 sur les ruines d’une église romane. Saint-Estèphe, qui jusqu’au 18ème siècle s’est appelée Saint-Esteve de Calones (de Calonès signifiant petits vaisseaux qui portent du bois) doit sa naissance au fleuve. Ce fleuve, appelé communément ‘la rivière’ a donné une intimité entre l’homme et son terroir qui semble plus forte ici que dans les autres régions viticoles. On sait aussi qu’il existait à l’emplacement actuel du port une autre église qui fut détruite en 1704 appelée ‘Notre-Dame-Entre-Deux-Arcs’ car située sur une avancée de terre entre deux esteys formant deux arcs de cercle. Cette description nous laisse imaginer un paysage différent et presque insolite. La presqu’île du Médoc était alors constituée d’une série de nombreuses îles, une sorte de bout du monde où la nature aquatique va contraindre l’habitant à s’adapter et lui apprendre la maîtrise de l’environnement. Il faudra attendre l’époque moderne et l’assèchement des marais, pour admirer le paysage d’aujourd’hui, assagi par le temps et livrant enfin son secret. En se promenant au bord de l’estuaire, on contemple les nombreuses croupes graveleuses qui semblent saluer celui qui les a fait naître. Pourtant, Il y a bien longtemps, des millénaires, ce fleuve à l’apparence si tranquille était une mer démoniaque charriant roches et cailloux arrachés aux lointaines montagnes, les déposant ici et là et offrant ainsi au sol son substrat, l’essence du terroir de Saint-Estèphe. Un terroir privilégié par la nature…

De l’âge du bronze à la vigne

C’est dans ce paysage issu des turbulences de l’estuaire que Saint-Estèphe trouve ses origines. L’esprit de la tradition paysanne qui s’y dégage pourrait s’expliquer par une occupation ancestrale du sol. Bien avant la vigne, qui semble remonter à l’époque gallo-romaine, Saint-Estèphe a connu une occupation humaine assez importante dès l’âge du Bronze moyen (-3500av.JC). Son activité métallurgique était reconnue comme étant l’une des plus importantes de la façade atlantique de l’Europe. Des traces archéologiques telle la découverte de haches polies datant du néolithique révèlent l’existence de cette production bronzière. D’autres vestiges comme les monnaies gauloises datant de l’âge du fer (800 à 50 av.JC), nous informent sur un important gisement de minerai de fer, notamment au lieu dit ‘l’Hereteyre’ qui signifie terre de fer en gascon ancien. La situation de Saint-Estèphe en bordure du fleuve permettait les échanges commerciaux et l’exportation de sa production. Les premiers occupants du bronze et du fer, installés par intérêt près de l’eau mais ayant pris soin d’occuper les terres fertiles et buttes refuges dominant le marais, ont progressivement développé l’élevage et l’agriculture. D’autre part ce lieu de vie, qui ne se nomme pas encore Saint-Estèphe, se développe grâce à sa situation sur le bord du fleuve offrant de nombreux abris qualifiés de « sûrs ».

A Saint-Estèphe, les hommes entretiennent un lien sacré avec leur terre.

Mais ce fleuve auquel Saint-Estèphe doit tant, ne fut pas seulement source de prospérité, il convient aussi de rappeler qu’il fut à l’origine des nombreuses invasions et destructions dont le village fut victime durant plusieurs siècles. Sa situation de port fluvial constitua une véritable invitation pour les barbares et autres envahisseurs qui on pénétré cette terre secrète. Il reste de son histoire beaucoup de légendes liées à l’estuaire.

Before the vine, the taming of a secret, unique and changing land, early mastery of the environment

Saint-Estèphe is said to be the transformation in local dialect of “Saint-Etienne” as we are reminded by the church of the same name built in 1764 on the ruins of a Romanesque church.  It is known that in early Christianity, churches dedicated to Saint-Etienne were built on the sites of old Roman villas.  Saint-Estèphe, which until the 18th Century was called Saint-Esteve de Calones (from “Calonès” meaning small wood-carrying vessels), owes its birth to the River. This river, commonly called ”la rivière”, created a connection between man and land that appears to be stronger here than in other wine regions.  It is also known that at the site of the present day port there once stood another church, destroyed in 1704, known as “Notre-Dame-Entre-Deux-Arcs” as it was located on an outcrop of land between two esteys (small streams) forming two arcs. This description conjures up an image of an unusual, almost bizarre, landscape.  At the time the peninsula was made up of a series of many islands, a sort of world’s end whose watery milieu would have forced inhabitants to adapt and taught them how to master the environment. It was not until more recent times when the marshes were drained that we could admire the landscape as it is today, mellowed by time and finally revealing its secret. Walking along the bank of the estuary, we can contemplate the many gravelly slopes seeming to greet the river that created them. Yet, way back in time, thousands of years ago, this tranquil looking river was a terrifying sea that tore rocks and pebbles from the distant mountains and carried them off, dropping them here and there, and in so doing gave the soil its bedrock, the essence of the Saint-Estèphe terroir. A terroir blessed by nature…

From the Bronze Age to the vine

It is in this landscape created by the turbulence of the estuary that Saint-Estèphe has its genesis. Here, the pervading spirit of rural tradition is said to be the result of the land having been occupied from early times. Long before the vine, which appears to date from Gallo-Roman times, and since the middle of the Bronze Age (-3500 BC), Saint-Estèphe has seen a fair amount of human occupation. The area’s metallurgical production was recognized as being one of the most important on the European Atlantic coast. Archaeological relics such as polished axes dating from the Neolithic Period are evidence of local bronze production.  Other artifacts such as Gallic coins dating from the Iron Age (800 to 50 BC) indicate that there was a large deposit of iron ore, particularly at a spot known as “l’Hereteyre” meaning “land of iron” in the old Gascon language. Saint-Estèphe’s location on the river edge facilitated the trade and export of its production. The first Bronze and Iron Age inhabitants, living near the water for practical reasons but also careful to occupy the fertile lands and protective hillocks rising above the marshes, gradually developed livestock farming and agriculture. Yet to be known as Saint-Estèphe, this inhabited area also developed because of its location on the river edge that provided a number of shelters that were considered “safe”.

At Saint-Estèphe, men maintain a sacred bond with their land

The river to which Saint-Estèphe owes so much has not only brought prosperity.  It should not be forgotten that it opened the door to the numerous invasions and destructions to which the village was victim over many centuries. Its river port location was an open invitation that attracted barbarians and other invaders who sought entry into this secret land.  Many legends about the estuary are part of its history.

Les vendanges 2020 à Château Doyac

Après le merlot et le cabernet franc, Château Doyac, Cru Bourgeois Supérieur en biodynamie, se prépare à récolter le cabernet sauvignon à la machine à vendanger. Un choix qui s’avère judicieux pour ces vendanges historiques en raison de leur précocité sur fond de crise sanitaire. Le vin blanc du domaine « Le Pélican », un 100% sauvignon, récolté manuellement début septembre, a terminé sa fermentation et présente un bel équilibre. Les premières dégustations des cuves de rouge laissent présager un très beau millésime.

Château Doyac

Cru Bourgeois Supérieur en biodynamie

Haut-Médoc

 

 

Une vigne bien préparée…

Certifié en biodynamie, le vignoble de 30 hectares de Château Doyac situé sur le plateau argilo-calcaire de Saint-Seurin de Cadourne, bénéficie de tous les soins prodigués par ses propriétaires et l’équipe du domaine. Max et Astrid de Pourtalès, et leur fille Clémence, s’investissent sans relâche pour apporter le meilleur à la vigne dans le plus pur respect du cahier des charges de la viticulture en biodynamie. Le dernier traitement effectué au vignoble, 15 jours avant les vendanges a concerné la pulvérisation de la silice de corne (traitement 501). Ce traitement avant les vendanges a pour but de renforcer les peaux, les protéger contre le botrytis et améliorer leur maturation. La silice de corne oriente la plante vers le fruit en favorisant le murissement avec un renforcement des goûts et des parfums. Cette préparation à base de cristal de quartz broyé, est également passée sur la vigne au printemps pour la stimuler en la rendant plus résistante aux maladies. Le passage du traitement 501 est souvent complété par la pulvérisation de tisanes préparées au domaine.

Fin des fermentations pour le « Le Pélican », vin blanc du domaine

Commencé le 1er septembre, la récolte du blanc du domaine,  Le Pélican  s’est effectuée manuellement sous des conditions estivales. Afin d’utiliser les levures naturelles de la vigne, le levain a été préparé à partir des raisins blancs du domaine. Préssuré par grappes entières, Le Pélican est vinifié en amphore et en barriques de 225 l., ainsi que dans un foudre de 20 hl. (Photo ci-contre).

Avec une dizaine de jours d’avance par rapport à la « normale », le millésime 2020 rentre dans l’histoire des millésimes précoces considérés comme gage de qualité. Les premières dégustations après fermentations semblent confirmer cette attente. Ce 100% sauvignon présente à ce stade toutes les qualités d’un beau millésime avec un fruité éclatant et une belle fraîcheur.  

Le choix de la machine à vendanger

Si la récolte des raisins blancs du Château Doyac s’est effectuée manuellement, celle des rouges s’opère à la machine. Avec sa souplesse d’utilisation et ses performances qualitatives qui ne sont plus à démontrer, la machine à vendanger s’avère cette année, en temps de Covid, un choix judicieux.

La récolte a débuté le 16 septembre pour le merlot, cépage majoritaire à Doyac avec une proportion qui représente 76% du vignoble. Cette année la qualité des cabernets francs plantés il y a 3 ans sur 2 hectares se présente sous les meilleurs auspices et rentrera peut-être dans la sélection du grand vin. Si l’année se révèle un peu plus faible en rendement, la qualité est bien au rendez-vous.

A suivre…

 

Château Montrose, premier producteur mondial de bicarbonate de potassium issu du CO2 des fermentations alcooliques, vise le 100% recyclé.

Dans le cadre de sa démarche durable visant à limiter l’impact de son activité sur l’environnement par une série de mesures vertes appliquées aussi bien à la vigne qu’aux chais, Château Montrose annonce son objectif pour les vendanges 2020 : le recyclage de 100% du CO2 issu de ses fermentations alcooliques. Grâce à un système d’automatisation permettant la captation en continu du CO2, Montrose, site Pilote du projet, devient le premier producteur mondial de bicarbonate de potassium issu des fermentations alcooliques.

100% captés, 100% recyclés

Très investi en matière de développement durable depuis plus de 15 ans, Montrose a fait une priorité du recyclage systématique de toutes ses productions. Le recyclage du CO2, gaz à effet de serre très largement émis par l’Homme, est devenu un enjeu mondial. Expérimenté sur la propriété en 2018, le procédé de valorisation du CO2 issu des fermentations alcooliques consiste à faire réagir du CO2 avec du carbonate de sodium ou potassium pour produire du bicarbonate. Durant les vendanges 2019, la transformation après captation du dioxyde de carbone avait produit 15 tonnes de bicarbonate de sodium et de potassium. Cette année Montrose vise la captation de 100% du CO2. Cet objectif est rendu possible par l’installation d’un système automatisé de captation du CO2 en continu dont le domaine, en tant que site pilote, est le premier à être équipé. Pour les vendanges 2020 la production de bicarbonate de potassium est estimée à 40 tonnes, une production qui fait de Montrose la première propriété viticole au monde à produire du bicarbonate en masse issu des fermentations alcooliques.

Site Pilote en bordelais

Le projet, initié par le domaine dès 2018, a été piloté par la cellule R&D en partenariat avec la société Alcion – SEDE Veolia. Le recyclage du CO2 a fait ses preuves et apparait plus que jamais comme une solution à privilégier pour réduire l’empreinte carbone du domaine. L’installation consiste en un réseau de captation, à la sortie des cuves, du gaz émis lors des fermentations et d’un réseau de colonnes de transformation de celui-ci en bicarbonate.

Le bicarbonate, un produit vertueux aux nombreux débouchés

Montrose étudie tous les débouchés possibles d’utilisation du bicarbonate, en interne et en externe.Sa molécule vertueuse compte de nombreuses exploitations dans les domaines de l’alimentaire, la cosmétique, la pharmacie ou l’agriculture.

Résolument tournée vers l’avenir, la démarche de Montrose traduit un changement profond et global du domaine. Le Grand Cru Classé de Saint-Estèphe, dont l’objectif est d’ouvrir de nouvelles voies vers une viticulture plus responsable et respectueuse de l’environnement, est régulièrement approché comme modèle en matière de techniques vitivinicoles et de développement durable.

Le coffret du bicentenaire de Château Montrose

Pour célébrer son bicentenaire, Château Montrose annonce le lancement d’un coffret d’exception. Véritable « cabinet de curiosités », ce coffret, conçu sur mesure en série limitée à 200 exemplaires, présente trois flacons numérotés d’un format rare. La vente du coffret N°1, confiée à Hart Davis Hart Wine, spécialiste des ventes aux enchères en ligne, sera organisée les 23 et 24 octobre prochain. Par la suite, les 199 autres coffrets seront mis en vente directement par la propriété. 

A l’origine, deux siècles d’histoire…

Respectueuse de l’histoire incroyable de cette propriété depuis sa création en 1815, la famille Bouygues, propriétaire depuis 2006 du Grand Cru Classé de Saint-Estèphe, a souhaité célébrer son bicentenaire par la création d’un coffret unique destiné aux collectionneurs et grands amateurs. Déjà en 2015, en accueillant la traditionnelle Fête de la Fleur, Château Montrose a souhaité marquer cette date anniversaire. A cette occasion, la propriété a également édité un ouvrage de deux volumes retraçant l’histoire du domaine et rendant hommage aux familles qui, durant deux siècles, ont porté la destinée de ce terroir exceptionnel. Dans ce même esprit, la création sur mesure de ce coffret d’exception, limité à 200 exemplaires numérotés, abritant trois flacons d’un format unique de 200 cl, signe d’une trace intemporelle les 200 ans de l’histoire de Château Montrose. 


Un coffret unique à l’image d’un ‘cabinet de curiosités’

Crédit photo LEMA PRODUCTION

Fabriqué artisanalement, ce coffret prestigieux, à l’image d’un ‘cabinet de curiosités ‘ réserve         également à ses heureux acquéreurs de nombreuses surprises et de multiples opportunités de partager des moments de convivialité autour de dégustations, de lecture et de jeux. Pensé et conçu comme un « objet » rare, il reflète le travail de précision mené tout au long de l’année par les équipes    du domaine au vignoble et au chai. Sa teinte brune aux reflets argentés, son veinage   éclatant, ramènent l’imaginaire à la terre, au terroir, unique lui aussi, qui marque les vins de la propriété de leur signature millésime après millésime. 

Une trilogie autour du millésime 2015, année du bicentenaire

Crédit photo LEMA PRODUCTION

Véritable écrin pour les vins de Château Montrose, le coffret du bicentenaire accueille 3 flacons numérotés, conçus sur mesure pour recevoir les 3 millésimes d’exception que sont le 2014, le 2016 et bien sûr le 2015, millésime du bicentenaire. Ces 3 millésimes, appartiennent aux « Grands Classiques » de la propriété. Ils ont en commun une climatologie sans excès et une structure sublimant   l’élégance faite de force et d’équilibre. Ils reflétent chacun 3 expressions riches et variées du terroir de Montrose. Cette trilogie d’exception incarne le charme et la précision des plus grands millésimes de Montrose et porte en héritage leur immense potentiel de garde.

Le coffret N°1 vendu aux enchères par Hart Davis Hart Wine les 23 et 24 octobre prochain

Pour le lancement de ce coffret unique, Château Montrose a confié la vente du coffret numéroté 1 sur 200 à la Maison de ventes aux enchères Hart Davis Hart Wine basée à Chicago. Spécialiste de la vente en ligne aux Etats-Unis, Hart Davis Hart Wine occupe une position unique sur le marché des vins rares. Offrant une alternative à la crise sanitaire actuelle, sa plateforme en ligne réunit des clients du monde entier qui peuvent suivre la vente à distance et en direct. (https://auction.hdhwine.com)

L’acquéreur de ce coffret, bénéficiera d’une soirée unique à la propriété (visite, diner, et nuitée – valable pour 4 personnes) assortie d’une dégustation verticale historique de 20 millésimes de Château Montrose sur treize décennies. Du plus ancien, 1893 au plus récent, 2015, cette dégustation emblématique retracera les 200 ans de la propriété. Cette expérience unique sera une façon d’entrer dans l’histoire du domaine, d’en comprendre son essence, ses valeurs et ses vins légendaires. 

Les 199 autres coffrets mis en vente par la propriété

A l’issue de la vente aux enchères du coffret N°1, une offre sur mesure des 199 autres coffrets mis en vente par la propriété, sera réservée aux clients privilégiés, collectionneurs et grands amateurs.

Voir la vidéo du coffret

Le nouvel écrin de la Maison du Vin de Saint-Estèphe

[SAINT-ESTEPHE]La Maison du Vin de Saint-Estèphe ré-ouvre dans un nouvel écrin à la hauteur de ses grands vins.

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Après plusieurs mois de travaux d’une rénovation complète, la Maison du Vin de Saint-Estèphe, lieu emblématique de l’appellation, située au cœur du village, réouvre le 3 août. Ce nouvel écrin conçu dans un esprit de partage et de rencontres, offre aux visiteurs une découverte des vins de l’appellation par une approche culturelle et ludique.

 Ils en rêvaient, ils l’ont fait !

Les Châteaux de Saint-Estèphe réunis au sein de leur Syndicat viticole (O.D.G.) regroupant une soixantaine de membres, sont fiers d’annoncer la réouverture de leur nouvelle Maison du Vin. Ils le savaient depuis longtemps ; ils devaient agir face au vieillissement de leur Maison du Vin ! Tentés un moment de déménager pour partir sur un projet de bâtiment neuf, certainement plus facile et moins onéreux, les Châteaux de Saint-Estèphe ont opté pour l’autre solution, celle qui leur tenait à cœur : une rénovation complète afin de rester dans leur bâtiment d’origine sur l’une des plus belles places de village du Médoc avec son église baroque. En plus de sa fonction d’accueil du public, la Maison du Vin est l’unique et véritable Maison des viticulteurs, la Maison de leur O.D.G., un lieu fédérateur et communautaire où ils se réunissent pour travailler et prendre les décisions relatives à l’appellation.

 

Une rénovation complète confiée aux entreprises locales

La rénovation de la Maison du Vin tant attendue par les membres du Syndicat viticole de l’appellation est l’aboutissement d’une réflexion commencée en 2017. Pour mener à bien ce projet et suivre l’avancement des travaux, une commission composée de quelques viticulteurs a été créée. Après l’achat en janvier 2019 du bâtiment de la Maison du Vin à la Mairie de Saint-Estèphe jusqu’alors propriétaire, et le choix de l’agence d’architecture, la rénovation intérieure et extérieure a pu commencer en septembre 2019 pour une livraison fin juillet 2020.

CroquisBPM_FacadeMaisonDuVinSaintEstepheSéduit par les nombreuses réalisations effectuées dans le secteur viti-vinicole par l’agence BPM Architectes, le Syndicat viticole de Saint-Estèphe a souhaité leur confier la rénovation de sa Maison du Vin en privilégiant les entreprises locales. Afin de préserver son patrimoine architectural, les travaux extérieurs ont concerné la consolidation structurelle et le ravalement des façades rendant aux pierres de taille leur blondeur d’origine.

La Maison du Vin étant située sur la Place de l’Eglise à l’intérieur du périmètre de protection de monuments historiques, ce rajeunissement s’est effectué dans le plus grand respect de la charte architecturale des bâtiments de France.

Côté intérieur, la transformation est totale. Les petites pièces ont laissé place à de plus grands espaces baignés par la lumière des nombreuses ouvertures et de la coursive en verre.

 Des espaces éducatifs et ludiques

Ce nouvel écrin a été conçu pour accueillir les visiteurs chaque année plus nombreux, dans d’excellentes conditions en privilégiant l’aspect éducatif et ludique. Lieu de vie, de rencontres, de partages et de découvertes, ils pourront croiser les vignerons, déguster leurs vins, s’informer des modalités des visites et des activités proposées par les châteaux, suivre un parcours initiatique, visionner des films, acheter du vin et découvrir la boutique. Les enfants ne seront pas laissés pour compte et des animations leur seront réservées.

CroquisBPM_InterieurMaisonDuVinSaintEstepheLe rez-de-chaussée couvre un espace de 100m² dédié à la dégustation et à la vente des vins de l’A.O.C. au prix « châteaux ». Grâce à un système de conservation du vin, une dégustation au verre est proposée jusqu’à 8 vins différents. Tous les vins de Saint-Estèphe bénéficient d’une bonne visibilité grâce aux grands présentoirs sur mesure qui habillent les murs.

Une deuxième étape d’aménagement de l’étage est programmée pour l’automne. Cet espace de 90m² sera plus spécifiquement dédié à l’œnotourisme. Les visiteurs pourront découvrir un parcours avec expositions et projection de films. Une vidéo 3D de Pierre Le Hong sur la formation géologique des terroirs de Saint-Estèphe est actuellement en cours de finalisation et sera projetée dans cet espace prochainement. Véritable outil pédagogique et ludique, ce film diffusé en continu en langue française et anglaise, apportera une information essentielle sur les caractéristiques du terroir de Saint-Estèphe et de ses vins.

Une ambiance cosy et chaleureuse

D’un côté, le vert agave des comptoirs de présentation des bouteilles rappelle les paysages, le vignoble, de l’autre, le beige tendre de l’îlot de dégustation ramène l’imaginaire à la terre, aux terroirs variés de Saint-Estèphe ; deux tonalités qui s’harmonisent et apportent douceur et fraîcheur à l’ensemble des espaces intérieurs. Cette ambiance à la fois chaleureuse et fraîche est soutenue également par le mélange harmonieux du bois et du verre présent sur les deux niveaux.

Un fond exceptionnel de participation des châteaux

Afin de financer le coût de cette rénovation d’envergure, le Syndicat viticole a validé un prêt financé par un prélèvement exceptionnel à l’hectare sur la base de 1216 ha (superficie de vignoble de l’A.O.C.) sur une durée de 20 ans. Cette proposition de financement a été bien accueillie par tous les Châteaux sans exception qui souhaitaient depuis longtemps donner à leurs vins un nouvel écrin plus en phase avec les attentes des consommateurs.

Un lieu, une histoire

ClicheMaisonDuVinSaintEstepheLes bâtiments de l’actuelle Maison du Vin font partie du patrimoine architectural et historique du village. Occupés à la fin du 19ème par plusieurs commerces, dont une boucherie et une épicerie, ils furent réunis en un seul bâtiment dans les années 80 lors de la création de la Maison du Vin de Saint-Estèphe. Ces bâtiments se situent sur l’actuelle Place de l’Eglise, autrefois également appelée Place du Marché tant l’activité des commerces y était intense.

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Heures d’ouverture de la Maison du Vin de Saint-Estèphe

Du 1er juillet au 15 septembre : du lundi au samedi de 10h à 19h

Du 1er avril au 30 juin et du 16 septembre au 5 novembre : du lundi au vendredi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h, le samedi de 14h à 18h

Du 6 novembre au 31 mars, du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 17hFermé entre Noël et le 1er de l’An

Crédits photo et croquis: BPM Architectes

http://www.vins-saint-estephe.com

CONTACT PRESSE:

Catherine di Costanzo – +33 (0)6 74 36 35 43

di-costanzo.catherine@orange.fr

[HISTOIRE] Le vignoble bordelais à l’heure de la Peste noire de 1348

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La crise actuelle du Coronavirus nous rappelle que l’Humanité n’est toujours pas délivrée des grandes épidémies. Une occasion de revenir sur l’histoire de Bordeaux et de son vignoble en 1348, année de la Peste noire. Première épidémie réellement bien documentée par les sources historiques, elle fut foudroyante et entraîna des bouleversements structurels dans la société du Moyen-Age. Venue d’Asie, elle se propagea par les voies commerciales, maritimes, fluviales et terrestres à toute l’Europe en seulement trois ans et décima entre 1/3 et la moitié de la population européenne. Quel fut l’impact de ce fléau sur le vignoble bordelais qui depuis le 13ème siècle connait une embellie sans précédent liée à ses exportations de vins vers l’Angleterre?

Bordeaux et son vignoble à la veille du fléau
Le fléau débarque dans une ville riche de son statut de capitale du duché d’Aquitaine mais fragilisée par les incessantes opérations militaires de la Guerre de Cent ans (1337-1453) entre les rois d’Angleterre et de France. Dès le XIIIe siècle, l’essor économique de Bordeaux s’explique par une extension de son domaine viticole face à la demande croissante liée aux échanges avec l’Angleterre. Au début du XIVe siècle, pour l’année 1308-1309, les comptes des registres du commerce du vin affichent des chiffres éloquents avec une production de 102 724 tonneaux de vins (environ 850 000 hectolitres). Mais cette prospérité connait des fluctuations. En 1335, à la veille des vendanges, les conflits militaires reprennent pour une durée de 9 ans et gênent considérablement le transport des vins du haut pays soumis aux taxes douanières. De ce fait les recettes provenant des « coutumes » liées aux exportations de vins diminuent. Entre 1335 et 1336 la production a baissé de 80% (74 053 tonneaux de vin exportés après la vendange 1335 contre 16 053 après la vendange de 1336). Le coût de la guerre, la destruction des vignes, les villages brûlés obligeant les paysans à fuir pour se réfugier à l’intérieur des murailles protectrices de la ville, expliquent cette baisse de production.
Alors que les bordelais jouissent d’une trêve et en profitent pour remettre en état leurs vignobles endommagés par les conflits de la guerre, l’année précèdent l’arrivée de la Peste noire, Bordeaux et son vignoble sont victimes des mauvaises conditions climatiques. Les inondations de 1347 provoquent une mauvaise récolte qui se traduit par une disette et une famine accentuées par la quasi-monoculture de la vigne. C’est dans ce contexte que « la mortalitat » nom désignant l’épidémie dans les documents de l’époque, s’abat sur Bordeaux déjà affaiblie et frappe sans discontinuer pendant dix mois.

Une propagation foudroyante

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Provenant d’Asie et importée en Occident par un navire génois qui accoste à Marseille en janvier 1348, la Peste noire, galopante, foudroyante, dissémine sa bactérie mortelle de port en port, de ville en ville au grès des échanges commerciaux et des mouvements des populations fuyant la guerre. De Marseille, elle atteint Carcassonne en mai, remonte la Garonne et débarque à Bordeaux au début de l’été 1348. Elle continue sa route macabre un peu partout en Europe et touche l’Angleterre à l’automne. Le « mal noir », nom donné par les contemporains à la peste en raison des taches foncées sur les corps des malades, n’est pas connue des médecins qui restent démunis face à cette maladie dont ils ignorent tout y compris son vecteur, les puces des rats noirs. Il y a bien eu un précédent avec la Peste Justinienne qui a frappé l’Occident au VIe-VIIIe siècles mais le fléau avait disparu ne laissant pas de traces dans la mémoire des populations. Faute de traitements efficaces on explique la maladie par l’expression de la colère divine, l’infection de l’air et des eaux.

Une catastrophe démographique aux multiples conséquences
« En ce temps, par tout le monde généralement une maladie qu’on claime épidémie courait, dont bien la tierce partie du monde mourrut. » témoigne Jean Froissart dans ses Chroniques.
La peste frappe davantage les villes que les campagnes car la concentration y est plus dense. La promiscuité, le manque d’hygiène dans les rues où l’on déverse les immondices et la présence des rats infestés qui transmettent la maladie de quartier en quartier sont autant de facteurs favorables à la propagation du fléau. Ceux qui vivent en communauté sont les premiers touchés. Sur les 20 chanoines du chapitre de Saint-Seurin, 12 sont victimes de la peste. Mais la maladie ne fait pas de distinction et frappe toutes les catégories sociales, des paysans aux seigneurs, du médecin venu soigner le malade au notaire qui a rédigé son testament, sans épargner le prêtre qui a donné l’absolution et jusqu’au fossoyeur dernier maillon d’une chaîne mortifère. On murmure qu’à Bordeaux ville de 30 000 habitants « on compte plus de morts que de vivants ». Cette diminution brutale de la population a des conséquences sur la structure de la société du Moyen-Age : des conséquences psychologiques, intellectuelles et artistiques avec par exemple l’apparition du mouvement des Flagellants qui cherchent à attirer la clémence du ciel, ou celle des thèmes macabres dans l’art et aussi une tendance à une religion plus superstitieuse ; des conséquences politiques et militaires avec l’interruption des guerres dans l’ensemble de l’Europe ; des conséquences économiques avec la chute des revenus de la ville et sociales avec la raréfaction de la main d’œuvre, la hausse des salaires, la naissance d’une catégorie qui s’enrichit grâce aux acquisitions foncières à moindre coût et une concentration du patrimoine.

La chute du commerce des vins
Pour Bordeaux, qui représente un des pôles les plus actifs en Europe avec le commerce du vin, la Peste noire est synonyme de catastrophe économique et financière. Son trafic subit un effondrement de 80 à 90% par rapport aux premières années du XIVe siècle. Le registre de la Grande Coutume illustre parfaitement cette chute vertigineuse. Le nombre de tonneaux exportés tombe en 1348/1349, après la vendange 1348, à 5 923 (il était de 16 577 en 1336-1337). Un chiffre qui s’explique par le manque de main d’œuvre. Bordeaux est à l’arrêt.

La promesse « que jamais no guerpira »

Au-moyen-age-ils-se-sont-dit-oui_i480Les tenanciers ont déserté leurs vignes, ils ne sont plus assez nombreux pour assurer les travaux, il n’y a plus de vendangeurs pour récolter les raisins. Un peu partout dans le vignoble bordelais les habitants morts ou réfugiés en ville ont laissé des terres désertes « per las guerras et mortalitads que son estadas ». De ce fait la seigneurie a du mal à percevoir les redevances en nature et en argent.
Il faut imaginer Bordeaux, ville entourée de son enceinte du XIVe siècle en dehors de laquelle s’étend son vignoble suburbain. Une mer de vignes dessine un paysage de parcelles aux dimensions irrégulières en forme de rectangle plus au moins allongé, bordées d’aubarèdes et vimeneys qui poussent au bord des cours d’eau, et reliées entre elles par un réseau de chemins assez larges pour permettre le passage des charrettes. Ces parcelles sont cultivées par les tenanciers qui occupent différents métiers, artisans, commerçants ou laborador de vinha. Chaque jour ils franchissent l’une des portes des murs de la ville, empruntent l’un des nombreux chemins pour se rendre sur leurs parcelles. Au XIVe siècle Bordeaux est divisée en 10 paroisses, certaines à l’intérieur des murs mais d’autres semi-rurales s’étendent à l’extérieur. Au-delà des murs, des portes et des fossés, la vigne est reine de ce territoire qui lui est quasiment réservé et que l’on appelle las grabas de Bordeu. Il s’agit donc des premières « Graves » que l’urbanisation au fil du temps a repoussées plus au sud. Les archives gasconnes révèlent des faubourgs situés à l’extérieur des remparts de la ville, anéantis par la peste. C’est le cas du faubourg Saint-Julien (actuelle place de la Victoire) qui ne s’est apparemment jamais remis du fléau dévastateur. 15 ans après la Peste noire, les maisons du village Saint-Julien « sont encore à l’état déserts » : point d’héritiers, point « d’autres personnes » qui aient fait valoir leurs droits. Les nombreux actes de renouvellement de baux à fief nouveaux témoignent des tenures abandonnées ou en déshérence faute d’héritiers. La Peste noire aura pour effet de réduire l’émiettement de la propriété foncière. Face à cette crise, les seigneurs tentent de lutter contre l’abandon des tenures. De nouvelles formules apparaissent dans les actes. Outre les obligations de cultiver la vigne, le tenancier doit promettre que jamais no gurpira. Par la suite la vigne dévastée ou nouvellement plantée, oblige les seigneurs à accepter des modérations de cens pour soulager les tenanciers.

La reprise

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Puis « La grand’mort » s’éloigne aussi subitement qu’elle est arrivée sans disparaitre complétement pour autant. Souvent associé à la famine, aux guerres et aux mauvaises récoltes, le fléau revient par vague frapper Bordeaux et sa campagne tout au long du XIVe et des siècles suivants. Il faudra attendre le XVIe siècle pour voir apparaître les premières mesures et législations sanitaires qui ont posé les bases à l’élaboration de notre système de santé actuel. Les épidémies suivantes moins meurtrières que la Grande Peste de 1348 n’ont pas empêché Bordeaux de poursuivre son développement économique lié à la production viticole. Dès 1349, les chiffres des tonneaux de vins exportés attestent d’une belle reprise : 19 629 en 1352-1353. Bordeaux se redresse et accueille une population venue des régions voisines moins touchées par la mortalité pour remplacer la main d’œuvre manquante dans les vignes. Le vignoble restauré après les opérations de guerre en 1337-1341 est de nouveau en pleine production. Bordeaux maintient son emprise foncière sur sa campagne en continuant de développer non seulement son vignoble suburbain situé aux alentours immédiats de ses murailles mais aussi péri-urbain plus au sud et dans le Médoc. Progressivement des unités géographiques se distinguent et déboucheront sur la notion de « terroir ». Si la Peste noire laisse pour longtemps un traumatisme dans la société, Bordeaux et son vignoble ont poursuivi la route de leur destinée.

Catherine di Costanzo

Quelques références sur le sujet:

• Lavaud S. (2003) : Vins de Bordeaux au Moyen-Age, naissance d’une civilisation
• Renouard Y. (1965) : Bordeaux sous les rois d’Angleterre
• Renouard Y. (1948) : « Conséquences et intérêts démographiques de la Peste noire de 1348 » In : Population, 3ème , 1948.
• Barry, S., Gualde, N. (2007), « La peste noire dans l’occident chrétien et musulman, 1346/1347-1352/1353 » Dominique Castex D., Cartron I., (2007)
• Boutruche, R. (1963) : La crise d’une société. Seigneurs et paysans du Bordelais pendant la Guerre de Cent Ans, Paris.
• Castex D., Cartron, I. dir (2007) : Épidémies et crises de mortalité du passé, Ausonius éditions, Pessac 2007

Mouillard-Di Costanzo Catherine, (1988) : Le vignoble de la paroisse Sainte-Eulalie. TER Université de Bordeaux III

La vigne n’attend pas ! A Château Doyac, les travaux du vignoble en biodynamie à l’heure du confinement…

A l’heure du confinement où le temps semble suspendu, la vigne sortie de son sommeil hivernal pousse à grande vitesse et nous rappelle que la nature n’attend pas et ne peut être confinée. Au Château Doyac, Cru Bourgeois Supérieur du Haut-Médoc, les travaux en biodynamie se poursuivent dans le respect des mesures de sécurité sanitaire de chacun tandis que la conjoncture économique pourtant défavorable laisse entrevoir quelques espoirs.

Quand la vigne commence son cycle végétatif annuel…

Le confinement de la population déclaré le 16 mars en raison de la pandémie du coronavirus, est arrivé au moment où la vigne démarrait son cycle végétatif annuel. Après la taille effectuée pendant son sommeil hivernal, la vigne avec l’arrivée du printemps pointe le bout de ses bourgeons, qui se transformeront rapidement avec l’apparition des premières feuilles. Avec les beaux jours de mars, la vigne a pris de l’avance et nécessite des soins pour préparer la prochaine récolte. La situation sanitaire sans précédent du coronavirus n’empêche pas la nature de reprendre ses droits et la vigne de continuer à pousser. A Château Doyac, on s’est adapté à cette situation exceptionnelle en organisant le travail quotidiennement dans le respect des règles sanitaires dont la mise en place est facilitée par la structure moyenne de 30 hectares de cette propriété familiale située à Saint-Seurin de Cadourne.

« La vie de château » à l’heure du confinement

Depuis le rachat de la propriété en 1998, Max de Pourtalès travaille son vignoble en famille avec Astrid son épouse très impliquée dans les travaux en biodynamie et leur fille Clémence, œnologue, qui a rejoint la propriété en 2016. Premier Cru Bourgeois certifié en biodynamie, la famille de Pourtalès est habituée à s’investir personnellement dans les travaux du domaine. Le confinement n’a pas eu de répercussion sur leur travail qui nécessite une grande présence dans le vignoble. Quant aux trois vignerons-chauffeurs, leur travail se fait séparément, chacun dans sa parcelle. En mars, profitant des superbes journées ensoleillées, toute l’équipe s’est attelée au travail du sol, c’est-à-dire au buttage. Astrid a commencé à désherber à la binette les plus jeunes plantes, trop fragiles pour les outils de travail du sol. Max a préparé une nouvelle parcelle récemment acquise à son voisin pour y planter du Cabernet Franc qui viendra dans quelques années compléter l’assemblage du vin de Château Doyac. Les longues journées de sécaillage (ou carassonnage) ont permis de remettre la vigne en état avant sa pousse et avant les prochains travaux de pliage.

Les nombreux travaux du printemps en biodynamie

Clémence a passé la fameuse CMBT (Compost de Bouse Maria Thun) sur le sol des vignes. Un compost préparé dans le jardin de la propriété et élaboré avec l’aide du consultant en biodynamie Nicolas Jamin. Enterré dans une barrique pendant l’hiver, cet excellent compost devenu souple a été pulvérisé sur tout le vignoble. Le CMBT est recommandé en biodynamie car il développe l’humus dans le sol et favorise l’enracinement de la plante.

De plus Clémence pulvérisera dans les vignes une décoction de prêle 2 ou 3 jours avant la pleine lune de Pâques qui a lieu cette année le 8 Avril. La prêle est l’anticryptogamique de base en biodynamie car elle repousse le mildiou. Elle contient de la silice et provoque donc un durcissement des tissus.

La famille de Pourtalès attend que le froid soit passé et que les sols soient humides pour passer la 500P dans les vignes sur le sol, un compost qui favorise la vie microbienne du sol, sa structure et sa gestion de l’eau. Il comprend les préparations biodynamiques (Achillée, Camomille, Ortie, Ecorce de chêne, Pissenlit, Valériane).

Et le marché dans tout ça : craintes et espoirs

Aux craintes de gel menaçant jusqu’à la fin avril, s’ajoute la frustration de ne pas avoir pu faire déguster l’excellent millésime 2019 aux professionnels durant les primeurs annulés pour cause de coronavirus et reportés à une date inconnue. Ces craintes ajoutées à la tourmente économique déclenchée par les taxes américaines, ne sont pas des signes encourageants pour la filière viticole. Mais malgré ce contexte difficile, Château Doyac entrevoit un peu d’espoir avec notamment la vente récente de 22 000 bouteilles aux Etats-Unis. En attendant de sortir au plus vite de cette crise, la solidarité joue entre vignerons et négociants.