Saint-Estèphe 2020 : le Yin et le Yang

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2020, clôture la décennie avec panache ! Le millésime incarne ce que Bordeaux sait produire de mieux ; un grand millésime classique, complet, complexe, riche et onctueux. Il appartient aux beaux millésimes précoces. Surdoué, il l’est par ses prouesses à marier le feu et l’eau pour atteindre l’équilibre. Si la chaleur caractérise ce millésime tout au long de l’année et le fait figurer parmi les 5 millésimes les plus précoces des 20 dernières années, la pluviométrie contrastée qui nous a obligés à beaucoup de vigilance dans la vigne s’est révélée être sa meilleure ennemie. On retiendra également un contexte singulier, celui d’une crise sanitaire inédite, obligeant le monde de la viticulture à s’organiser pour continuer à mener à bien le travail dans les vignes, coûte que coûte. L’apparition du hashtag #lavignenattendpas résume à lui seul le dilemme posé aux viticulteurs. La nature ne se confine pas ! Le premier confinement annoncé le 16 mars perturbe la logistique habituelle mais très vite tout est mis en place pour avancer dans le respect des normes sanitaires. La crise laissera des traces dont on ne mesure pas encore tous les impacts sociaux et économiques. Si aujourd’hui les ventes ont repris, elles ne compensent pas les pertes à l’exportation et dans la restauration. La réussite du millésime 2020 nous offre l’espoir et la confiance et nous sommes heureux de pouvoir vous faire déguster prochainement ce très beau millésime.

Basile Tesseron, Président du Syndicat Viticole de Saint-Estèphe

Une douceur hivernale et une précocité du cycle végétatif

L’hiver est très doux. Si l’activité économique de la France tourne au ralenti, la nature de son côté va très vite. Les températures particulièrement chaudes de l’hiver favorisent un débourrement précoce, noté le 20 mars soit une quinzaine de jours d’avance par rapport à la normale. Nous gardons tous en mémoire les belles journées ensoleillées qui rythment alors la période du confinement dans laquelle la France entière est plongée.

Un printemps ensoleillé et humide, une floraison homogène

Les quelques cours épisodes de temps frais et humide en avril et mai n’ont pas eu de conséquence sur le cycle de développement. De ce fait la floraison affiche une belle homogénéité avec une avance de 3 semaines par rapport à la date normale avec une date aux alentours du 20 mai. La nouaison est rapide et régulière exempte de coulure et de millerandage mais les conditions de chaleur et humidité maintiennent une forte pression du mildiou.

Un été chaud et sec

L’été chaud est marqué par des périodes caniculaires du 20 juin au 10 août qui affichent des records de températures avec des journées à plus 40°C. Malgré cette chaleur excessive, la vigne ne subit pas de stress hydrique.

L’apparition des premières baies colorées débute à la mi-juillet en pleine période de sécheresse. Cette période de chaleur intense fait perdre à la vigne un peu de son avance pris pendant le débourrement. La chaleur estivale persiste tout le mois d’août avec des journées mais aussi des nuits chaudes. C’est durant cette période de faible amplitude thermique que la vigne consomme rapidement son acide malique et transforme progressivement ses sucres ainsi que la couleur (anthocyanes). Heureusement l’équilibre sucre/acidité se rétablit à la fin août avec le retour des nuits fraîches. L’accumulation des sucres est redistribuée dans la pulpe et les anthocyanes dans la pellicule.

Les premiers contrôle de maturité affichent des teneurs en sucre élevées et des acidités basses. Du fait de ces conditions chaudes et humides, on observe bien quelques traces de Botrytis à la mi-août mais fort heureusement la dégradation se stabilise et n’évolue pas.

L’épisode pluvieux avant le 15 août se révèle salvateur. A la veille de la récolte, les signaux sont tous au vert et laissent présager un beau potentiel œnologique. Les baies ont des peaux épaisses et croquantes et l’état sanitaire est parfait.

Des vendanges précoces et masquées !

Les premiers contrôles de maturité confirment le grand potentiel œnologique du 2020 avec une avance de 10-15 jours par rapport à 2019. Les conditions climatiques chaudes et sèches ont donné des petits raisins avec des pellicules épaisses et peu perméables.

Sur fond de crise sanitaire, les viticulteurs s’organisent et se préparent à des vendanges inédites ! Pour la première fois, ce n’est pas la qualité qui les inquiète, ils la savent excellente ! Leur préoccupation se porte sur l’organisation de ces vendanges à haut risque. Le personnel des châteaux mais aussi les nombreux saisonniers qui affluent chaque année dans l’appellation vont devoir travailler en respectant des précautions particulières, les distanciations physiques et autres contraintes.

La cueillette débute avec deux semaines d’avance en moyenne par rapport à une année dite « normale ».  Les vendanges démarrent après la mi-septembre avec des volumes faibles liés à la petite taille des baies. Plusieurs facteurs accélèrent la décision d’avancer les dates de vendanges : l’annonce d’une semaine pluvieuse, humide et fraîche fin septembre mais aussi les conditions de sécheresse qui font monter l’alcool et baisser l’acidité.

Malgré les petites tailles des baies dont le poids reste plus important que l’an passé, on constate une belle homogénéité entre les parcelles. La menace du Botrytis est toujours présente mais il est contenu et ne se développe pas en partie grâce à l’épaisseur des pellicules. 

Un équilibre parfait et des expressions aromatiques exceptionnellles

Cabernet Sauvignon, Merlot et Petit Verdot atteignent des expressions aromatiques exceptionnelles. Les jus très colorés présentent des densités profondes. Au fur et à mesure des extractions, les arômes se précisent mûrs et intenses, la qualité des tanins est très prometteuse. Aux premières dégustations, 2020 présente un profil assez classique caractérisé par une fraîcheur et un bel équilibre. Il rentre dans la catégorie des grands millésimes solaires, épicés, onctueux.

Paroles de viticulteurs

Vincent Millet, Gérant du Château Calon Ségur, 3ème Grand Cru Classé.

Le millésime 2020 a été marqué par un hiver très humide et très doux favorisant un réveil précoce de la vigne. La floraison s’est déroulée sous les meilleurs auspices. De la floraison jusqu’aux premiers jours des vendanges, le vignoble a connu cinq vagues de chaleur et aucune pluie n’a été enregistrée de mi-juin à la première décade d’août. Pour autant, la vigne n’a jamais montré des signes de stress sévère (ni défoliation, ni blocage) en raison certainement des réserves d’eau d’hiver et de printemps. Là encore, l’argile présente en grande majorité dans nos sols a joué un rôle essentiel dans l’alimentation de la plante. Les merlots et cabernets ont été ramassés avec 10 jours d’avance par rapport aux derniers millésimes. Les vins expriment des notes florales et épicées, présentent une bouche juteuse et ample. Les tanins sont suaves et enrobants et la finale est longue et aromatique avec une touche saline.

Vincent Bache-Gabrielsen, Directeur du Château Lilian Ladouys, Cru Bourgeois Exceptionnel.

Pour s’adapter à l’année la plus chaude enregistrée depuis 1900, nous avons pu compter sur la connaissance de nos terroirs et la résilience de notre vignoble, désormais en conversion officielle en agriculture biologique.  Grâce à des précipitations hivernales et printanières importantes, les sols ont pu constituer une réserve hydrique suffisamment importante et contrebalancer ainsi les effets de la sécheresse de l’été. Très tôt, il a fallu intervenir sur la vigne pour créer un microclimat favorable, grâce à un effeuillage précoce, et mieux résister à la pression du mildiou. En 2018, nous avons fait le choix de nous recentrer sur les plus beaux terroirs de Saint-Estèphe, essentiellement constitués de graves argileuses profondes (80% de notre vignoble). Ce choix s’est avéré pleinement payant cette année avec une floraison plus précoce d’une semaine pour ces sols de graves par rapport à nos parcelles situées sur des sols argilo-calcaires. Cette précocité et la chaleur estivale ont permis de débuter les vendanges avec quelques jours d’avance par rapport au millésime 2019 pour conserver un fruit « al dente ». Elles ont ainsi commencé le 15 septembre pour se terminer le 30 septembre 2020.  Après un travail intense de refroidissement des cuves pour permettre des vinifications sans excès, la douceur a été le mot d’ordre pour la vinification de ce millésime. Afin d’atteindre l’harmonie recherchée, que le potentiel tannique exceptionnel des raisins aurait pu perturber, notre équipe a réalisé un travail de précision, tout en équilibre. D’une très belle intensité, les merlots dominent l’assemblage, tout comme en 2019. Harmonie et émotions sont alors les maîtres mots du Château Lilian Ladouys 2020 ! 

Pascal Friquart, Directeur du Château Tour Saint-Fort, Cru Bourgeois.

Avec des températures moyennes supérieures de 2 à 3 °C, l’hiver 2019-2020 est le plus chaud depuis le début du XXe siècle. Le début de saison est marqué par une climatologie favorable à un débourrement précoce. Par ailleurs, les sols gorgés d’eau et les températures douces vont maintenir un climat favorable au mildiou, oïdium et escargots. La bonne gestion des plans phytosanitaires au printemps était cruciale et difficile à mettre en œuvre avec des sols détrempés, sous peine d’être impacté par des pertes de récolte dues au mildiou. Après une fin avril et un début mai très arrosés (plus de 120 mm sur 2 jours), le temps redevient beau et chaud. Dans le prolongement, la floraison se déroule parfaitement avec près d’un mois d’avance par rapport à 2019. À partir de la mi-juin, le temps devient sec et chaud sur une période s’étalant jusqu’au mois de septembre. Cela a entrainé un stress hydrique sur les parcelles les plus drainantes. L’épisode pluvieux de la mi-août permettra d’accélérer la véraison et d’éviter le flétrissement des baies. Notre terroir a eu vraiment son importance cette année. En effet, la qualité des sols a eu un rôle majeur dans ce millésime. Ils devaient être capable d’absorber une quantité d’eau importante au printemps, mais aussi être capable de la restituer durant cette période sèche et chaude qui s’est déroulée sur plus de 2 mois. L’avance prise au printemps, nous allons la retrouver avec des vendanges précoces qui ont débuté le 21 septembre pour se terminer le 30 septembre. Les merlots seront ramassés les premiers avec de jolis équilibres. Les cabernets seront un peu contrariés dans leur fin de maturation par les pluies. Les premières dégustations sont encourageantes et nous permettent d’espérer un vin élégant, fruité avec une jolie trame tannique. 

Télécharger le Carnet de vendanges 2020 de Saint-Estèphe

Primeurs 2018-Médoc, Haut-Médoc, Listrac-Médoc. Mardi 2 avril. Tonnellerie Nadalié à Ludon-Médoc

[dégustation réservée aux professionnels] Une centaine de châteaux des AOC Médoc, Haut-Médoc, Listrac-Médoc présente le millésime 2018 en dégustation continue de 9h à 18h à la tonnellerie Nadalié, mardi 2 avril. Et aussi Afterwork de 18h à 20h30 avec dégustation des livrables et bar des vins blancs du Médoc.

All day long tasting followed by an Afterwork from 6 to 8:30pm with tasting of different vintages, Bar of the Medoc white wines

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PRIMEURS2018_AOC MEDOC-HAUT-MEDOC-LISTRAC_INVITATIONderV

Le millésime 2015 vu par les oenologues-consultant d’Oenoconseil

Le millésime 2015 vu par Antoine Médeville,

Edouard Massie, Henri Boyer et Arnaud Chambolle

A la différence des millésimes précédents, la nature s’est montrée favorable dans l’ensemble du Bordelais. 2015 peut être qualifié de grand millésime car la réussite est générale pour tous les vins rouges, blancs secs et liquoreux. L’ensemble de la profession est satisfaite et optimiste. Les cuviers sont pleins et les acheteurs semblent déjà s’intéresser à ce grand millésime.

Médoc par Antoine Médeville et son équipe

Antoine Médeville et ses collaborateurs, Emilien Delalande et Thomas Marquant

Photo Alain Benoit oenoconseil 2008 005EmilienThomas

Après une floraison et un développement des grappes déroulés sous les meilleurs auspices, le millésime 2015 s’annonçait comme un millésime exceptionnel dans l’ensemble du Bordelais.

Les pluies de mi-septembre (12 au 20 septembre) sont venues légèrement perturber la quiétude du vignoble. Celles-ci ont été très hétérogènes, entraînant ainsi de fortes différences de maturité.

Les merlots très précoces sur des sols peu tamponnés ou dans des zones humides, ont été plus impactés mais dans l’ensemble on a constaté un bon comportement de l’équilibre sol/plante avec un état sanitaire plutôt stable. Les travaux en vert et surtout un effeuillage rigoureux ont permis de conserver une zone fructifère sèche et ventilée, moins propice aux développements de Botrytis. L’entretien des sols a aussi joué un rôle majeur avec un meilleur comportement des sols enherbés et travaillés grâce à un enracinement plus en profondeur.

A partir du 20 septembre, des températures estivales et un vent d’Est se sont installés sur le vignoble Bordelais permettant d’attendre la juste maturité de chaque parcelle de merlot. Les cabernets sauvignons plus tardifs ont profité de cet ensoleillement et ont atteint de très belles maturités même sur les terroirs les plus compliqués.

Cette météo changeante explique le fort étalement des vendanges avec des merlots ramassés dans le Médoc du 14 septembre au 10 octobre alors que les tous derniers cabernets sauvignon sont entrés dans les chais la semaine du 22 octobre. Il s’agit de l’une des récoltes les plus étalées de ces vingt dernières années.

Une fois en cave, les fermentations se sont très bien déroulées. Comme au vignoble, chaque lot a dû être vinifié indépendamment, en fonction de ses caractéristiques, les fermentations alcooliques se sont réalisées à des températures plus ou moins hautes avec des extractions à moduler.

Les merlots laissent entrevoir un fruit de grande qualité. Le cabernet sauvignon et le petit verdot se démarquent par leurs structures, leurs concentrations et leurs très belles complexités. C’est à coup sûr, dans le Médoc, un beau millésime de cabernet sauvignon et sur la rive droite, plus précoce, un grand millésime de merlot.

2015 est, quoi qu’il arrive, un très beau millésime même si, une fois de plus, la nature nous a rappelé que rien n’est acquis et que l’arrière-saison tient une place importante dans la réussite d’un grand millésime. Outre ces bonnes conditions climatiques, il ne faut pas oublier tous les efforts consentis avec l’application des conseils personnalisés que nous prodiguons tout au long de l’année dans le respect des sols et de la plante afin d’optimiser chaque parcelle. Les belles journées de septembre alternées par des nuits fraîches ont permis une fin de maturation lente des tanins (pellicule et pépins), gage de réussite d’un millésime. De plus, quantité et qualité sont au rendez-vous avec des rendements tout à fait corrects.

Graves Blancs et Rouges par Henri Boyer

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Graves Blancs : Malgré la précocité du millésime, les nuits fraîches de la fin du mois d’août ont permis de ralentir la maturation et d’obtenir des moûts fruités et frais avec des teneurs en sucres modérées. A ce très bon équilibre vient s’ajouter la richesse aromatique et la concentration obtenue aussi grâce à une récolte de faible quantité.

Graves Rouges : Une très bonne climatologie (ensoleillement, nuits froides, faibles pluies associées à un raisin résistant au botrytis)a permis d’obtenir une très bonne maturité des raisins tant sur les merlots que sur les cabernets. Les vins sont aromatiques, riches, d’une belle amplitude avec des tanins fins qui permettent des cuvaisons longues. Un seul bémol, la teneur en alcool parfois un peu généreuse pour les sols argileux.

Bordeaux par Edouard Massie

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Quel millésime facile ! Beau temps à perte de vue, des nuits fraîches idéales pour les Blancs, un état sanitaire inouï jusqu’à la fin des Rouges, des cabernets sauvignon qu’on a pu attendre comme rarement ce fut le cas auparavant.

Le résultat est là, des Blancs très aromatiques et charnus, des Rouges avec des parfums de fruits mûrs et des tanins soyeux.

Sauternes par Edouard Massie et Henri Boyer

« Un millésime difficile à rater » ! Les sémillons sont arrivés cette année à une maturité parfaite avec beaucoup de saveur. A la faveur des pluies de la 2ème semaine de septembre, le botrytis s’est développé très progressivement et a nécessité de nombreuses tries.

Les vins de la 1ère et 2ème trie sont aromatiques sur le fruit frais, minéraux et d’une grande pureté ; les mouts des tries sont plus riches en botrytis, onctueux et complexes avec des notes d’abricot et de marmelade d’orange. Ils ont bénéficié de conditions climatiques idéales pour concentrer le raisin pendant la première semaine d’octobre : soleil et vent d’est, frais et sec. Les dernières tries sont aussi d’un très bon niveau.

Nul doute que le millésime 2015 donnera de grands vins liquoreux.

Saint-Emilion et Libournais par Arnaud Chambolle et Mathieu Juteau.

Photo Alain Benoit oenoconseil 2008 003pjoyo Mathieu Juteau

2015 appartient incontestablement aux grands millésimes de Bordeaux. Pourtant il aura fallu un peu de sang froid aux viticulteurs en début de saison en raison d’un coup de chaleur parfois excessif en juillet, quelques attaques de champignons durant l’été et un excès d’eau à la veille des vendanges à certains endroits. Mais  finalement la patience a payé. Le beau temps du printemps a entraîné une floraison rapide, homogène et groupée. En juin et juillet, la vigne a bien résisté au stress hydrique. Les pluies de fin juillet se sont avérées providentielles. Le mois d’août chaud et humide a été contrebalancé par des nuits fraîches offrant aux raisins de longues périodes de maturité.  Le beau temps de septembre a parachevé la maturité des tanins.

Les vins blancs et rosés sont aromatiques mais il aura fallu les prendre assez tôt, au risque d’un excès d’alcool.

Les tanins mûrs ont permis de faire des cuvaisons longues et des macérations finales à chaud qui ont été très bénéfiques. Le résultat souvent très bon a vite révélé le fort potentiel de ce 2015.

Il faut maintenant adapter l’élevage à chaque situation, mais nul doute que nous avons sur Fronsac, St-Emilion et plus généralement sur le Grand Libournais un millésime riche et structuré.

Un millésime en 5 diront certains …

Les œnologues-consultants

Les consultants Antoine Médeville, Henri Boyer, Edouard Massie, Arnauld Chambolle et leur équipe d’œnologues, présenteront  le millésime 2015 d’une quarantaine de propriétés qu’ils suivent et conseillent depuis plusieurs années.

Rendez-vous pendant la semaine des primeurs en avril 2016

Château Lestage à Listrac-Médoc

http://www.oenoconseil.com