Solidarité, unité et réactivité à Saint-Estèphe pour une protection du vignoble contre la grêle

Suite à l’épisode de grêle du 20 juin 2022 et afin de répondre activement aux défis climatiques, l’appellation Saint-Estèphe a voté un système de lutte anti-grêle pour protéger l’ensemble de son vignoble. 

Réagir pour ne plus subir

Sous la houlette de son Président Jean-François Delon et de son conseil d’administration, le Syndicat Viticole de Saint-Estèphe lors de sa dernière assemblée générale, a validé le système de lutte collective contre la grêle proposée par la société Selerys*.  L’appellation, marquée par l’épisode de grêle du 20 juin 2022, qui a touché une partie de son vignoble occasionnant des dégâts entre 30 et 80%, a fait preuve d’une réactivité et d’une solidarité exemplaires. Tandis que la qualité du 2022 se confirme comme exceptionnelle pour tous, la quantité quant à elle, se trouve réduite pour quelques-uns. Face à ces épisodes orageux dévastateurs qui en raison des incertitudes climatiques menacent de devenir plus fréquents, les viticulteurs ont décidé de réagir en se dotant d’un équipement de technologies de pointe.

Alertes et anticipation

Grâce à une plateforme contenant un outil d’évaluation des risques de grêle, les nuages dangereux seront identifiés. Alertés par sms, courriels ou messages vocaux, les viticulteurs pourront suivre le déplacement en temps réel des cellules orageuses répertoriées sur 3 niveaux d’alertes.

7 postes de tirs semi-automatiques répartis sur l’ensemble de l’AOC

Une commission technique dédiée sera mobilisée pour mettre en place une rotation d’astreinte afin de commander le réseau des 7 lanceurs disséminés sur la totalité de l’appellation (1180ha et 61 châteaux). Les viticulteurs d’astreinte pourront activer le lancement des ballons à distance.  Lancés à 600m d’altitude, ces ballons gonflés à l’hélium agiront au cœur de la cellule avec précision au moment adéquat en optimisant le taux de transfert et la dispersion de l’agent (sel hygroscopique) dans le nuage. Cette lutte active par ensemencement permettra ainsi de faire précipiter les nuages avant la formation des grêlons.

Ce système qui sera déployé à partir d’avril 2023, est financé par une cotisation à l’hectare.

*Selerys, société française dont la spécialité est le management des risques orageux, conçoit des outils opérationnels et efficaces pour répondre activement aux défis météorologiques (équipement météorologique, instruments de monitoring atmosphérique, solutions digitales et data science).

Saint-Estèphe 2021, un classique des temps modernes

Crédit photo Visionair

Les millésimes se suivent mais ne se ressemblent pas. Si 2021 n’appartient pas à la catégorie des solaires comme le sont 2020 et 2018 ou des magnifiques 2016 et 2019, il n’en est pas moins un millésime qui mérite d’être dans la cave de tout bon connaisseur ! Si l’on devait le comparer à un prédécesseur, on serait tenté de le classer au-dessus des millésimes 2014 et 2017 auxquels il s’apparente par certains aspects tout en lui conférant une place à part tant ses nuances lui sont propres. Mais surtout, 2021 nous rend fiers et optimistes par sa qualité. Bien sûr, ce millésime de vigneron aura mis nos nerfs à rude épreuve en raison de la forte pression exercée tout au long de l’année par des conditions climatiques laissant peu de répit aux viticulteurs, mais le travail, l’expérience, les soins apportés à la vigne et au chai ont permis de réussir ce millésime de tri et de patience.  Épargné par le gel du printemps et par la grêle, Saint-Estèphe tire une fois de plus son épingle du jeu avec un rendement identique à celui de l’an passé. Grâce à ses qualités naturelles parmi lesquelles ses terroirs drainants et sa grande proximité avec le fleuve, auxquelles s’ajoutent celles des viticulteurs et des œnologues qui bénéficient d’une connaissance et d’une technicité grandissantes, 2021 se révèle être un millésime d’équilibre présentant une matière dense, de la fraîcheur et un beau fruité. En ce début d’année 2022, après deux ans d’une crise sanitaire impactante, nous nous préparons à une nouvelle épreuve liée aux conséquences économiques de la guerre en Ukraine.  Dans cette situation incertaine, nous continuerons à porter haut et fort le message de nos vins, symbole de civilisation, de convivialité et d’échanges culturels. 

Jean-François Delon, Président du Syndicat Viticole de Saint-Estèphe.

UN HIVER ALTERNANT DOUCEUR ET FRAÎCHEUR

Le commencement de l’année est humide et rythmé par l’alternance des périodes fraîches et douces. Les mois de janvier et février affichent un taux de pluviométrie supérieur à ceux de 2020 et 2019 avec 180 mm de pluies tombées sur ces deux mois sans toutefois dépasser celui de 2018 largement supérieur à la moyenne.

UN PRINTEMPS QUI SOUFFLE LE CHAUD ET LE FROID

Les températures quasi estivales de la fin du mois de mars favorisent la sortie des premiers bourgeons notée tout début avril, soit légèrement en avance par rapport à la moyenne trentenaire, cependant pas autant qu’en 2020 qui fut très précoce de 8 à 10 jours.

Alors que le débourrement se déroule dans une relative homogénéité, début avril connait un épisode de gel d’une rare intensité qui frappe l’ensemble des vignobles français. Des températures particulièrement froides en dessous de -5°C s’abattent sur Bordeaux dans les nuits du 7 et 8 avril. L’ensemble des appellations du Médoc est touché mais les degrés d’intensité sont variables. A Saint-Estèphe, si quelques rares parcelles situées dans les terrasses basses ont pu être affectées par le gel, l’ensemble du vignoble, qui bénéficie de sa grande proximité avec l’estuaire, est épargné.

UNE FLORAISON PERTURBÉE

Mai est marqué par une fraîcheur des températures et de nombreuses pluies. Toutefois la pleine fleur est notée début juin se situant dans la moyenne des trente dernières années. 10 jours d’un temps sec et ensoleillé jusqu’au 16 avril sont suivis de pluies et d’orages. Les risques de grêle sont importants et quelques parcelles sont touchées. Là encore l’appellation dans son ensemble est épargnée. L’autre danger pour les viticulteurs vient des pluies incessantes qui font craindre la coulure et le millerandage et par conséquent les menaces de développement du mildiou. L’inquiétude est vive quant au risque de perte de volume de la future récolte.

UNE VÉRAISON LENTE

Cette crainte se concrétise en raison du temps mi-figue mi-raisin tout au long du mois de juillet. Alors que les raisins atteignent le stade ‘fermeture de grappe’, les beaux jours estivaux alternent avec les jours pluvieux. Comme il fallait s’y attendre l’excès de chaleur et d’humidité provoque des attaques de mildiou sur feuilles. Par conséquent la véraison à l’image de la floraison s’en trouve ralentie et présente une certaine hétérogénéité d’une parcelle à l’autre et au sein même d’une parcelle. Cependant la mi-véraison observée le 12 août connait une accélération vers le 15 août grâce aux fortes chaleurs.

UNE ANNÉE DE VIGNERON

Dans la vigne, la pression est intense avec un risque de développement potentiel du Botrytis obligeant les viticulteurs à redoubler de vigilance. Ils le savent bien, leur investissement en matière de pratiques culturales et prophylactiques sera déterminant pour assurer la qualité de ce millésime. Tout est mis en oeuvre pour faciliter une maturation complète en optimisant les travaux culturaux comme l’effeuillage. Août plutôt sec et très ensoleillé en fin de mois, permet de rattraper le retard et favorise la maturation tandis que les pluies de la mi-septembre donnent de belles baies juteuses.

DES VENDANGES TARDIVES

Attendre la maturité phénolique pour faire le meilleur tout en gardant un œil sur la météo et gérer le risque du mildiou, tel est le mot d’ordre de chaque viticulteur. Heureusement l’ensoleillement et le temps sec et frais dans la première quinzaine d’octobre viennent parachever la maturité du Cabernet et transcender son potentiel qualitatif. Ces conditions favorables permettent d’attendre le moment idéal pour vendanger chaque parcelle à la bonne maturité. Les vendanges débutent fin septembre/début octobre par la récolte des Merlots suivie de celles des Cabernets vers la mi-octobre.

UN VIN ÉQUILIBRÉ

Les premières dégustations sont marquées par une belle maturité et un équilibre alcool-acidité différent des années précédentes. Les Merlots sont frais, bien structurés et aromatiques. Quant au Cabernet récolté sous un temps idéal, il est le grand gagnant de cette année avec sa couleur sombre et ses arômes d’épices et de petits fruits noirs magnifiés par des tanins bien présents mais souples. Certes le millésime fut éprouvant mais le travail des viticulteurs et des œnologues pour extraire le meilleur permet de constater avec satisfaction la grande qualité du 2021.  La singularité climatique qui le caractérise lui confère des nuances particulières, une identité propre qui le rapprocherait des millésimes anciens de par son équilibre acidité-alcool mais cependant doté d’une plus grande maturité.

Les vendanges 2021 à la loupe,

Récit d’un itinéraire mouvementé

Laboratoire Rolland & associés

Le début du cycle végétatif de cette année 2021 aura été pour le moins mouvementé. Mais l’heureuse climatologie de cette arrière-saison a offert une formidable occasion d’achever avec panache ce millésime qui restera gravé dans les mémoires vigneronnes.

Un mois d’août incertain

La mi-août signe la phase finale de coloration des raisins, avec un déficit de chaleur et de luminosité important depuis la fin du mois de juin. On note alors une absence totale de contrainte hydrique à cette période. Les raisins, comme de nombreux autres fruits, sont encore fades et aqueux fin août. La pulpe déborde d’acidité et d’eau ; les peaux manquent de goût.

Le stress de la récolte des premiers raisins rouges mi-septembre

Dix jours d’instabilité marquent la mi-septembre. Il pleut régulièrement et les températures sont élevées pour la saison.

Le travail viticole, mené tout au long de l’année, paye. Les raisins sont aérés, et les vignes, parce que leur vigueur est maîtrisée, résistent et supportent ces quelques jours instables. Il est vrai qu’ensemble nous cherchons absolument des raisins avec du goût, des tanins séduisants, qui ne se laissent pas emporter par une acidité trop agressive.

Du sang froid en septembre…

La quasi-totalité du mois de septembre a été chaud, avec un pic de température jamais rencontrée depuis 1911.

Le botrytis fréquent, mais de très faible intensité dans le vignoble, ne s’est finalement pas développé. Preuve indiscutable : la saison des cèpes tant attendue en septembre n’a pas démarré !

Les premiers merlots de Saint-Estèphe sont vendangés fin septembre. Il y a toujours deux dates-clés : celle où on commence à vendanger, et celle où on achève la récolte. Et cette année, le rythme de ramassage a été très saccadé, exigeant dans la prise de décision tantôt la rapidité, tantôt la retenue.

A cette période, 2021 s’annonce comme un millésime typiquement océanique, et non pas solaire comme les derniers que nous avons vécus. Il n’était pas question d’aller chercher la fraîcheur et l’énergie nécessaires pour équilibrer une puissance qui aurait été naturellement présente.  Au contraire, les raisins débordaient d’acidité et souffraient d’un manque de concentration. Il a fallu ainsi du temps pour dépasser la note végétale et attendre l’indispensable expression aromatique du fruit. 

…. Et un sacré coup de chance en octobre

Il faut dire que la météorologie du mois d’octobre nous a offert une chance incroyable avec des journées chaudes à plus de 20°C qui furent salutaires. Les raisins ont pu perdre leur surplus d’eau, et ont gagné en concentration. Le soleil et la chaleur ont gommé les notes herbacées et végétales que nous pouvions observer encore quelques semaines plus tôt. Les peaux se sont affinées ; les pépins ont perdu l’amertume pour gagner en maturité.

Les cabernets francs et sauvignon se sont ainsi récoltés avec le sourire et sous le soleil d’octobre.

Au chai, on se méfie de la maturité qui n’est pas excessive. On a cherché à reconcentrer les jus, on a travaillé des extractions très douces au début des fermentations. On a joué sur des macérations post- fermentaires : on a laissé infuser et on a construit la bouche en faisant varier les durées d’infusion et les intensités de lessivage des marcs.

Ce qui nous guide alors – pour ces vins qui n’auront pas d’incroyables densités, c’est la volonté de conserver le charme du fruit que nous avions en goûtant les raisins en octobre. On souhaite trouver une structure tannique charmeuse, sans chercher une puissance qui n’était pas présente naturellement.

Un millésime d’audace et d’engagement

2021 aura clairement été un millésime de courage, d’engagement, d’audace. Il aura fallu prendre des risques – sans doute un peu plus que ces dernières années, et se montrer patient pour résister à la tentation de tout ramasser, au moment des pluies de la fin septembre.

C’est aujourd’hui un pari gagné car les 2021 sont des vins qui allient le velouté dans la texture, le plaisir et la fraîcheur typique des Bordeaux d’aujourd’hui.

O.D.G de Saint-Estèphe

http://www.saint-estephe.fr

Part 2/8 – Histoire Saint-Estèphe. Terre d’échanges dès l’époque gallo-romaine / A land of exchange even in gallo-roman times

Les Gaulois du Médoc qu’on appelle les Médulli -une peuplade autochtone celte qui aurait donné son nom au Médoc, ‘terre du Milieu’ ‘milieu des eaux’- ont sans doute exploité la vigne après avoir fait connaissance avec le vin importé d’Italie par les Romains. Bien qu’avant le Moyen-âge on ne puisse pas véritablement parler de culture de la vigne dans le Médoc, on pense que les échanges commerciaux et culturels entre ces deux peuples ont contribué à l’apport des améliorations et des nouveautés dans la viticulture. Les Romains appréciaient le savoir faire des Gaulois notamment dans la métallurgie, le tissage de la laine et surtout les techniques du bois, comme la tonnellerie, une invention judicieuse dont nos grands vins ne pourraient se passer. Le peuple gaulois et notamment les Bituriges Vivisques, fondateurs de Burdigala (Bordeaux), acclimatèrent le cépage Biturica, ancêtre possible du cabernet. Les nombreux vestiges gallo-romains, découverts un peu partout dans l’appellation (Aillan, Cos, Meney, l’Hôpital de Mignot, Montrose ou au Bourg), recensent des vases, des tuiles, des pièces, des haches.

Extrait de la carte du cours de la Garonne 1759

Le port Saint-Estèphe serait-il une extension de Noviamagus, grand centre urbain gallo romain ?

Le fleuve a joué un rôle primordial dans l’histoire de Saint-Estèphe en permettant aux navires de toutes origines de venir s’approvisionner en produits locaux ou échanger des marchandises. Les nombreux cours d’eau, esteys et marais racontent aussi l’histoire de cette commune.

Des amarres de bateaux découverts au pied d’une vieille tour à Saint-Corbian plus précisément dans une parcelle de vignes du château Tour des Termes (qui signifie ‘Fin des Terres’) confirme l’existence d’une importante communication par la navigation dans les marais et larges esteys aujourd’hui asséchés. A proximité de la tour, il existe encore des marais qui ont été utilisés jusqu’au 18ème siècle et constituaient autrefois une vaste baie en communication avec la Gironde. L’actuel château Calon-Ségur se situe sur un site d’oppidum gaulois. Les bateaux venaient accoster jusqu’à ‘Calon’ dont la signification étymologique gauloise rappelle l’eau et la pierre. Dès l’époque gallo-romaine, pour faciliter les échanges commerciaux, des lieux de rendez-vous se créaient à des carrefours frontaliers accessibles par voie d’eau. C’était le cas du marais de Reysson qui réunissait plusieurs ports, ceux de Saint-Estèphe, Cadourne, Saint-Germain d’Esteuil et Vertheuil. Inventés par les Gaulois, repris par les Romains ces marchés-frontières au nombre d’une dizaine en Europe, situés en bordure de rivière sont souvent appelés ‘nouveau marché’ ou Noviamagus.

On sait qu’à cette époque une ville portuaire aussi importante que Burdigala existait: Noviamagus. Beaucoup d’hypothèses ont été émises pour situer cette ville probablement engloutie par les eaux. Selon quelques spécialistes Saint-Estèphe pourrait être une prolongation de Noviamagus ou du moins serait englobée dans la même zone géographique. Son port n’aurait pas disparu mais se serait tout simplement envasé. Il est vrai que la découverte du site archéologique de Brion, proche de Saint-Estèphe, a révélé d’importantes constructions dans ce secteur. Les Romains aurait fait naître une nouvelle ville avec une activité commerciale et administrative intense comprenant théâtre et riches villas. Le site de Brion rappelle la richesse d’occupation que l’on trouve habituellement dans les grands centres urbains. Les restes d’un théâtre semi-circulaire d’environ 2000 places, aussi important que le Palais Gallien à Bordeaux en est la preuve. La partie sud du marais de Reysson qui se situe dans Saint-Estèphe est riche de trouvailles gallo-romaine. D’autres vestiges comme la découverte de la villa de Bois-Carré, près de Saint-Estèphe, située au bord du marais dans la commune de Saint-Yzans, constitue un témoignage précieux de ce que fut un grand domaine agricole. Les nombreux objets trouvés, tels la vaisselle en provenance d’Italie, les colliers de Belgique ou les différentes monnaies nous laissent deviner la place importance qu’occupaient l’activité commerciale et les échanges avec l’extérieur. Il est probable que cette zone d’activité fut Noviamagus mais cette dernière reste secrète et continue d’alimenter les légendes à moins qu’elle ne réapparaisse du fleuve un jour de grande marée.

Saint-Estèphe, a land of exchange even in gallo-Roman times,

The Gauls of the Medoc, known as the Medulli – an indigenous Celtic tribe who are said to have given their name to the Medoc – “terre du Milieu” (middle-earth), “milieu des eaux”   (middle of the water) – without doubt started to cultivate the vine after becoming familiar with wine imported from Italy by the Romans.  Before the Middle Ages we cannot really speak of a wine growing culture in the Medoc, but it is believed that trade and cultural exchanges between these two peoples played a part in the introduction of improvements and innovations in viticulture. The Romans appreciated the skills of the Gauls, particularly in metallurgy, wool weaving and especially wood working techniques, such as cooperage (barrel-making), a judicious invention that our fine wines could not have done without. The Gauls and particularly the Bituriges Vivisques, the founders of Burdigala (Bordeaux), acclimatized the Biturica grape variety, possible ancestor to our Cabernet.  The many roman artifacts discovered more or less throughout the appellation area (Aillan, Cos, Meney, l’Hôpital de Mignot, Montrose or in the St Estèphe village), include vases, tiles, coins and axes.

Could Saint-Estèphe’s port be an extension of Noviamagus, the great Gallo-Roman metropolis?

As the reader would have gathered, the river has played a vital role in the history of Saint-Estèphe by permitting ships from all parts of the world to take in supplies of local produce or to trade goods. The many streams, esteys and marshes also played their part in the commune’s history.

Boat moorings discovered at the foot of an old tower in Saint-Corbian, more precisely in a plot of vines belonging to Château Tour des Termes (which means “Lands End”), confirm that there was a large navigation network in the marshes and broad, now dry channels. Marshes that were used until the 18th Century and that once formed a large bay connecting to the Gironde, can still be found near the tower. The present day Château Calon-Ségur is situated on the site of a Gallic oppidum. The boats came to dock as far as “Calon” whose Gallic etymological origin relates to water and stone. From Gallo-Roman times, meeting places were set up at border intersections accessible by water in order to facilitate trade. The marais de Reysson (Reysson marsh) was one such example. It included several harbours, those of Saint-Estèphe, Cadourne, Saint-Germain d’Esteuil and Vertheuil. Invented by the Gauls, and adopted by the Romans, this type of border-market situated along the river edge, of which there were around ten or so in Europe, were often referred to as “new market” or Noviamagus.

It is known that at this time there was another port town as important as that of Burdigala: Noviamagus. There have been numerous theories attempting to pinpoint the location of this town that was probably swallowed up by the waters. Some scholars believe that Saint-Estèphe may have been an extension of Noviamagus or at least included within the same geographical area.  Its port may not have died out but might simply have sunk. The discovery of the Brion archaeological site near Saint-Estèphe showed that there were once important buildings in this area. The Romans could have created a new town with significant trading and administrative activity that included a theatre and lavish villas. The Brion site is indicative of a richness of occupancy typically found in large urban centres.  This theory is borne out by the ruins of a semi circular theatre of around 2000 seats as large as the Palais Gallien in Bordeaux. The southern part of the Marais de Reysson, located in Saint-Estèphe, is rich in Gallo-Roman finds. Other remains such as those of the Bois-Carré villa, near Saint-Estèphe, located at the edge of the marsh in the Saint-Yzans commune, are important evidence of what was once a great agricultural estate. The numerous objects found, such as tableware of Italian origin, Belgian necklaces and various coins, point to the central role that trading and outside exchanges would have had. It is likely that this busy area was indeed Noviamagus but this town still lies concealed and will continue to nourish legends unless it one day re-emerges from the river on a strong tide.

Part 1/8-Histoire Saint-Estèphe. Avant la vigne, l’apprivoisement d’une terre changeante, secrète et unique / Before the wine, the timing of a secret, unique and changing land

Saint-Estèphe serait la transformation dans le parler local de ‘Saint-Etienne’ comme le rappelle son église du même nom construite en 1764 sur les ruines d’une église romane. Saint-Estèphe, qui jusqu’au 18ème siècle s’est appelée Saint-Esteve de Calones (de Calonès signifiant petits vaisseaux qui portent du bois) doit sa naissance au fleuve. Ce fleuve, appelé communément ‘la rivière’ a donné une intimité entre l’homme et son terroir qui semble plus forte ici que dans les autres régions viticoles. On sait aussi qu’il existait à l’emplacement actuel du port une autre église qui fut détruite en 1704 appelée ‘Notre-Dame-Entre-Deux-Arcs’ car située sur une avancée de terre entre deux esteys formant deux arcs de cercle. Cette description nous laisse imaginer un paysage différent et presque insolite. La presqu’île du Médoc était alors constituée d’une série de nombreuses îles, une sorte de bout du monde où la nature aquatique va contraindre l’habitant à s’adapter et lui apprendre la maîtrise de l’environnement. Il faudra attendre l’époque moderne et l’assèchement des marais, pour admirer le paysage d’aujourd’hui, assagi par le temps et livrant enfin son secret. En se promenant au bord de l’estuaire, on contemple les nombreuses croupes graveleuses qui semblent saluer celui qui les a fait naître. Pourtant, Il y a bien longtemps, des millénaires, ce fleuve à l’apparence si tranquille était une mer démoniaque charriant roches et cailloux arrachés aux lointaines montagnes, les déposant ici et là et offrant ainsi au sol son substrat, l’essence du terroir de Saint-Estèphe. Un terroir privilégié par la nature…

De l’âge du bronze à la vigne

C’est dans ce paysage issu des turbulences de l’estuaire que Saint-Estèphe trouve ses origines. L’esprit de la tradition paysanne qui s’y dégage pourrait s’expliquer par une occupation ancestrale du sol. Bien avant la vigne, qui semble remonter à l’époque gallo-romaine, Saint-Estèphe a connu une occupation humaine assez importante dès l’âge du Bronze moyen (-3500av.JC). Son activité métallurgique était reconnue comme étant l’une des plus importantes de la façade atlantique de l’Europe. Des traces archéologiques telle la découverte de haches polies datant du néolithique révèlent l’existence de cette production bronzière. D’autres vestiges comme les monnaies gauloises datant de l’âge du fer (800 à 50 av.JC), nous informent sur un important gisement de minerai de fer, notamment au lieu dit ‘l’Hereteyre’ qui signifie terre de fer en gascon ancien. La situation de Saint-Estèphe en bordure du fleuve permettait les échanges commerciaux et l’exportation de sa production. Les premiers occupants du bronze et du fer, installés par intérêt près de l’eau mais ayant pris soin d’occuper les terres fertiles et buttes refuges dominant le marais, ont progressivement développé l’élevage et l’agriculture. D’autre part ce lieu de vie, qui ne se nomme pas encore Saint-Estèphe, se développe grâce à sa situation sur le bord du fleuve offrant de nombreux abris qualifiés de « sûrs ».

A Saint-Estèphe, les hommes entretiennent un lien sacré avec leur terre.

Mais ce fleuve auquel Saint-Estèphe doit tant, ne fut pas seulement source de prospérité, il convient aussi de rappeler qu’il fut à l’origine des nombreuses invasions et destructions dont le village fut victime durant plusieurs siècles. Sa situation de port fluvial constitua une véritable invitation pour les barbares et autres envahisseurs qui on pénétré cette terre secrète. Il reste de son histoire beaucoup de légendes liées à l’estuaire.

Before the vine, the taming of a secret, unique and changing land, early mastery of the environment

Saint-Estèphe is said to be the transformation in local dialect of “Saint-Etienne” as we are reminded by the church of the same name built in 1764 on the ruins of a Romanesque church.  It is known that in early Christianity, churches dedicated to Saint-Etienne were built on the sites of old Roman villas.  Saint-Estèphe, which until the 18th Century was called Saint-Esteve de Calones (from “Calonès” meaning small wood-carrying vessels), owes its birth to the River. This river, commonly called ”la rivière”, created a connection between man and land that appears to be stronger here than in other wine regions.  It is also known that at the site of the present day port there once stood another church, destroyed in 1704, known as “Notre-Dame-Entre-Deux-Arcs” as it was located on an outcrop of land between two esteys (small streams) forming two arcs. This description conjures up an image of an unusual, almost bizarre, landscape.  At the time the peninsula was made up of a series of many islands, a sort of world’s end whose watery milieu would have forced inhabitants to adapt and taught them how to master the environment. It was not until more recent times when the marshes were drained that we could admire the landscape as it is today, mellowed by time and finally revealing its secret. Walking along the bank of the estuary, we can contemplate the many gravelly slopes seeming to greet the river that created them. Yet, way back in time, thousands of years ago, this tranquil looking river was a terrifying sea that tore rocks and pebbles from the distant mountains and carried them off, dropping them here and there, and in so doing gave the soil its bedrock, the essence of the Saint-Estèphe terroir. A terroir blessed by nature…

From the Bronze Age to the vine

It is in this landscape created by the turbulence of the estuary that Saint-Estèphe has its genesis. Here, the pervading spirit of rural tradition is said to be the result of the land having been occupied from early times. Long before the vine, which appears to date from Gallo-Roman times, and since the middle of the Bronze Age (-3500 BC), Saint-Estèphe has seen a fair amount of human occupation. The area’s metallurgical production was recognized as being one of the most important on the European Atlantic coast. Archaeological relics such as polished axes dating from the Neolithic Period are evidence of local bronze production.  Other artifacts such as Gallic coins dating from the Iron Age (800 to 50 BC) indicate that there was a large deposit of iron ore, particularly at a spot known as “l’Hereteyre” meaning “land of iron” in the old Gascon language. Saint-Estèphe’s location on the river edge facilitated the trade and export of its production. The first Bronze and Iron Age inhabitants, living near the water for practical reasons but also careful to occupy the fertile lands and protective hillocks rising above the marshes, gradually developed livestock farming and agriculture. Yet to be known as Saint-Estèphe, this inhabited area also developed because of its location on the river edge that provided a number of shelters that were considered “safe”.

At Saint-Estèphe, men maintain a sacred bond with their land

The river to which Saint-Estèphe owes so much has not only brought prosperity.  It should not be forgotten that it opened the door to the numerous invasions and destructions to which the village was victim over many centuries. Its river port location was an open invitation that attracted barbarians and other invaders who sought entry into this secret land.  Many legends about the estuary are part of its history.

Retrouvez les vins de Saint-Estèphe au Grand Tasting Paris vendredi 30/11 et samedi 1er décembre

le-grand-tasting_800x0Les vins de Saint-Estèphe vous donnent rendez-vous au salon Bettane&Desseauve « Le Grand Tasting » à Paris au Carrousel du Louvre, les vendredi 30 novembre et samedi 1 décembre 2018.

Pavillon « Saint-Estèphe » au N° 15 regroupe 6 châteaux :

¨ Château Cos Labory, grand cru classé

¨ Château De Côme, cru bourgeois

¨ Château La Haye

¨ Château Ségur de Cabanac

¨ Château Tour des Termes, cru bourgeois

¨ Château Tronquoy Lalande

Et aussi :

¨ Château Lafon-Rochet, grand cru classé, stand 54

¨ Château Le Boscq (Dourthe) stand 228

¨ Château Ormes de Pez (Domaines Jean-Michel Cazes) stand 49-50

¨ Château Phélan-Ségur, stand 126

 

Samedi 9 septembre, le soir du marathon du Médoc, l’appellation Saint-Estèphe organise le diner des Châteaux.

Esprit de fête et de partage à Saint-Estèphe

Depuis sa naissance il y a plus de 30 ans, le marathon du Médoc relève le pari fou d’associer le vin, le sport, la fête et la santé!.  Chaque année, près de 8000 participants, de toute nationalité, viennent goûter aux joies de l’effort, mais aussi aux plus belles spécialités du Médoc. Après l’effort, le réconfort se traduit par un programme varié. Cette année le thème du marathon est la musique 33 tours. L’appellation Saint-Estèphe joue le registre des accords mets&vins sur fond de musique et d’ambiance festive.

Une rencontre avec les viticulteurs de l’appellation

500 amateurs, marathoniens ou oenophiles sont attendus à partir de 19h00 et accueillis par les viticulteurs de Saint-Estèphe par une dégustation suivie d’un dîner convivial et animé. C’est dans une ambiance festive, rythmée par  la musique, les nombreux lots de bouteilles à gagner, les échanges entre les tables, que les convives découvriront et apprécieront les vins de l’appellation accompagnés d’un menu gastronomique.

Avec ses 1250 hectares, Saint-Estèphe constitue l’une des plus vastes appellations du Médoc, bénéficiant d’une grande diversité de terroirs répartis dans une dizaine de hameaux. Les viticulteurs de Saint-Estèphe offrent aux marathoniens une occasion unique de déguster leur vin et de présenter la richesse de leurs terroirs. Une soirée fédératrice puisque une grande majorité des châteaux de l’appellation sera présente, des grands crus classés aux crus bourgeois réunis à l’occasion de cette soirée. Un rendez-vous à ne pas manquer pour les marathoniens et les amateurs de grands vins.

Soirée ouverte au public sur réservation.

 Samedi 9 septembre à l’Espace Guyonnaud à Saint-Estèphe

 A partir de 19h00 : dégustation et rencontre avec les viticulteurs

20h30 : diner animé et dansant-Nombreux lots de bouteilles à gagner

Animation musicale : « duo live sax » guitare, chant, karaoké

Renseignements et réservations : Maison du vin de Saint-Estèphe

Tél. : 33(0)5 56 59 30 59  Email : mv-se@wanadoo.fr

Prix : 45€ par personne Grands Vins de Saint-Estèphe compris